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30.04.2008
HADDOU TOURNÉ VERS L'AVENIR
Après un début de saison tronqué par la maladie, le coureur de Bouygues Télecom, Saïd Haddou, espère se rattraper avec les belles courses du calendrier qui vont arriver.
Saïd, vos soucis de santé sont-ils désormais oubliés ?
Je vais mieux, beaucoup mieux même qu’il y a quelques semaines. J’ai eu un début d’hernie discale. J’ai toujours connu des soucis de dos, mais là c’était impressionnant puisque je n’arrivais plus à pédaler. J’ai eu beaucoup de soins, je suis allé voir kinés, ostéo, rhumato et maintenant cela va beaucoup mieux. Je peux pédaler, courir puisque la douleur n’est plus là. Je pense qu’a contrario si la douleur n’était pas partie, je me serais fait opérer. Le médecin y avait d’ailleurs songé, c’est lorsque je lui ai dit que la saison avait commencé, qu’il m’a alors dit qu’il allait essayer de traiter mes soucis de santé autrement qu’en passant sur le billard. Et ma chance c’est que c’est passé !
Vous êtes donc de nouveau d’attaque ?
Oui, et mes objectifs seront toujours à peu près les mêmes. Les classiques sont désormais passées et c’est dommage. Je vais maintenant me concentrer sur les manches de Coupe de France et les sprints. Je serais au départ du Tour de Picardie dans deux semaines, et je pense que j’aurais déjà de quoi m’exprimer sur cette épreuve. Je vais ensuite sans doute enchaîner avec le Tour de Lorraine. Il y a de belles courses qui arrivent, et je vais essayer de faire de bonnes choses sur ces épreuves.
Ce début de saison raté, ce n’est pas une bonne chose en vue d’une éventuelle sélection pour le Tour ?
Le Tour, déjà, je n’y pense pas trop. Je ne pense pas qu’en début d’année, dans l’esprit du staff technique de Bouygues Télecom, j’étais prévu pour cette épreuve. Mais comme cette épreuve est la plus belle épreuve cycliste au monde, c’est vrai que comme tout coureur elle me fait rêver. J’espère disputer cette compétition un jour, mais je ne sais pas quand. Je ne pense pas que ce soit cette année, début d’hernie discale ou pas, maintenant on ne sait jamais. J’aimerais plus faire la Vuelta en fin de saison. Comme l’équipe n’a pas été prise pour le Giro, il va falloir marcher pour aller sur le Tour d’Espagne. Être dans un excellent état de forme à ce moment, mais comme j’ai commencé plus tard que les autres, je vais sans doute bénéficier à ce moment-là de plus de fraîcheur.
Vous habitez désormais Marseille, Saïd cela change quoi pour vous rapport à Paris ?
Il y a deux gros changements significatifs pour moi : le temps et les routes d’entraînements. Je travaille plus en qualitatif qu’en quantitatif, même en faisant des entraînements courts, je suis de suite dans le vif du sujet à Marseille. J’en ressens très vite les bienfaits. Il faut dire qu’où je réside, c’est assez escarpé. Je fais donc de suite du fractionné. Je roule avec Rémi Di Grégorio aussi, ce qui ne me facilite pas la tâche, puisque lui est un grimpeur et moi; je suis plus un sprinteur.
Avez-vous cogité durant votre période d’inactivité ?
Oui, j’ai cogité. Mais quand les médecins ont mis le doigt sur ce que j’avais, ça a été tout de suite mieux. Quand la machine est relancée, les soucis s’estompent. Ma grande chance aussi c’est d’avoir été soutenu par toute l’équipe Bouygues Télecom. C’est un gros soulagement de se savoir entouré comme cela. Maintenant j’espère que les victoires vont arriver. Je veux aussi confirmer dans les sprints massifs. On est plusieurs sprinteurs chez Bouygues Télecom, et on peut s’aider mutuellement. C’est ce qui peut faire notre force. Mais déjà, avoir repris la compétition au Tour de la Rioja était une forme de victoire en soi. Tout ce qui peut arriver de bon après, quand on relève de maladie, cela ne peut être que du bonus !
12:07 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.04.2008
DÉMARET A TROUVÉ SA VOIE
Le néo-pro de Cofidis, Jean-Eudes Démaret, qui a enregistré quelques places d’honneur lors d’arrivées massives tant sur le Circuit de la Sarthe qu’à Paris-Camembert, estime que le sprint peut-être son domaine. Mais pas seulement...
Les arrivées au sprint ne vous réussissent pas mal, Jean-Eudes, depuis quelques temps, non ?
Oui, cela se passe plutôt bien. J’essaye de me bagarrer quand les courses se jouent au sprint qu’il soit massif ou en groupe plus réduit, mais dans ces deux cas de figure, il faut dire que tout le monde a le couteau entre les dents. Il faut se battre quand une course arrive groupée. Je sais que j’ai en tout cas une chose à améliorer, c’est mon placement avant un sprint. La pointe de vitesse je l’ai, mais il me manque un bon placement. C’est difficile, car il faut aussi arriver assez frais, et comme je ne suis que néo-pro ce n’est pas toujours évident !
Avez-vous trouvé votre voie avec les sprints ?
Je le pense. Le sprint fait partie de mes atouts et je pense que je peux également tirer mon épingle du jeu sur les épreuves qui présentent des talus courts et raides. Je peux essayer d’être à la fois sprinter-puncheur, maintenant c’est à moi d’exploiter au mieux ces deux qualités. Ce qui m’a le plus épaté chez les pros, depuis mon arrivée à ce niveau, c’est la manière dont le peloton gère tout ce qui se trouve autour de lui. La force du peloton par rapport à une échappée, par exemple, est immense. C’est lui qui décide en fait du "droit de vie ou de mort" des tentatives d’échappées. C’est lui qui règle la course, qui est le patron.
Quand vous êtes-vous dit que la "gagne" était à votre portée ?
Sur Paris-Camembert, mais aussi sur la troisième étape du Circuit de la Sarthe. Je n’étais pas loin les deux fois, mais c’est toujours la même histoire de placement. Je me classe septième sur la Sarthe. À Paris-Camembert il y avait aussi Valverde et Pineau qui ont de sacrés références dans les sprints en bosse, mais je n’étais pas loin d’eux. Je termine sixième de cette épreuve que j’ai beaucoup apprécié. J’aime bien en fait les courses comme cela, avec de bons talus sur la fin, et qui offrent en même temps la possibilité d’arriver en petits comités. Je pense que c’est le type d’épreuves qui est dans mes cordes.
Quels vont-être vos échéances à venir ?
Je vais courir la Romandie. Je vais essayer de me battre. Mon programme sera un peu plus calme après cette épreuve, et je vais reporter ensuite mes ambitions davantage sur la fin de saison. Mon but est d’essayer de décrocher à ce moment-là une nouvelle victoire, comme je l’avais fait l’an passé en tant que stagiaire sur les routes du Poitou-Charentes. Ce serait bien. Je n’ai en tout cas pas de grands Tour à mon programme cette saison. Une première année chez les pros est assez dure comme cela, alors disputer de suite un grand Tour de suite, cela doit faire bizarre. J’ai en revanche déjà couru des épreuves Pro Tour d’une semaine. J’ai commencé avec le Down Under en Australie, là je vais faire la Romandie, peut-être qu’en fin de saison, je disputerais le Tour d’Allemagne et le Tour de Pologne, mais rien n’est encore arrêté de côté là.
Jean-Eudes, travaillez-vous avec Vincent Villerius ?
Oui, on collabore ensemble. Vincent a été l’école de Frédéric Grappe et Jacques Descrion. Il bosse comme eux, c’est le même système, la même méthode. Ils proposent des exercices intéressants avec des séances sur home-trainer, ou bi-quotidiennes. Tout est précis, calculé. On ne fait pas des heures et des heures pour le plaisir d’en faire, comme cela pouvait être le cas avant pour les anciens. Chaque heure de selle a un but précis. Avec eux, on rentabilise le temps passé sur le vélo, on bosse en sachant pourquoi on le fait aussi. C’est bien, car c’est précis concis et constructif aussi pour les coureurs.
20:14 Publié dans Néo-pro | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.04.2008
EDALEINE VEUT TOUT DONNER
Ayant retrouvé ses vertus d’attaquant, Christophe Edaleine, nouveau venu chez AG2R-la Mondiale veut endosser autant que possible le rôle de baroudeur.
Où en êtes-vous de vos soucis physiques, Christophe ?
J’ai connu récemment quelques soucis au genou qui sont désormais résolus. J’ai commencé à ressentir des douleurs au niveau de la rotule après le Grand Prix de Rennes. C’était en fait initialement un souci au niveau de la cheville, et c’est remonté petit à petit jusqu’au genou. L’ostéopathe de l’équipe AG2R m’a fait quelques soins, et cela va mieux depuis. La douleur se dissipait en fait en course, avec un emplâtre chauffant. Mais chez moi, cela faisait mal de nouveau. J’ai donc pris une semaine de repos, et cela va mieux désormais, puisque j’ai recommencé à rouler. Je vais faire d’ailleurs ma reprise au Tour de Picardie. J’ai donc deux grosses semaines d’entraînement devant moi avant cette échéance.
Quel est votre état d’esprit chez AG2R-la mondiale ?
J’ai un bon programme, et en plus je peux me faire plaisir. J’ai envie de bien faire, de montrer à mes employeurs qu’ils ne se sont pas trompés en m’embauchant. Je veux être offensif. je n’ai pas trop connu la réussite en ce début de saison, mais néanmoins je vais continuer dans cette voie. Je sentais bien qu’au mois d’avril, cela revenait. J’ai donc envie d’être un attaquant sur les prochaines épreuves que je vais disputer, comme la Picardie, la Lorraine. Je retrouve en plus Julien Jurdie, que j'ai connu au VC Lyon-Vaux-en Velin, chez AG2R, ce qui fait que je me sens plutôt bien dans cette équipe, même si dans les autres où je suis allé avant, c’était bien aussi.
Allez-vous disputer un Grand Tour, cette année ?
Je dois faire normalement la Vuelta en fin de saison. C’est ce que mon programme prévoyait cet hiver. Mes dirigeants avaient déjà leur petite idée concernant le Tour de France, mais qui sait, la sélection peut encore changer, évoluer au sein de l’équipe. J’ai peut-être de petites chances de faire le Tour cette année. Il faut de toute manière toujours y croire. Mais comme on est beaucoup, j’ai également inscrit la Vuelta à mon programme. Mais avant cette échéance, je vise surtout le mois de juin, avec en ligne de mire les Championnats de France sur route. J’espère faire de bonnes choses en Bourgogne sur le chrono, et pourquoi pas sur l’épreuve en ligne. Je suis généralement bien à cette période de l’année.
Vous n’avez qu’un an de contrat avec votre nouvelle équipe, cela vous préoccupe-t-il ?
C’est vrai que j’y pense de temps en temps. Je n’en fais pas une fixation. Je fais de toute manière mon maximum pour ne pas avoir de regrets par la suite. Je fais la saison 2008 à bloc, et après on verra la suite. Ce qui est certain c’est que ce n’est pas évident de se retrouver, comme moi, dans une telle situation, car on ne sait pas aujourd’hui comment le vélo va évoluer, ce que sera le Pro Tour dans quelques mois, si les patrons d’équipes vont embaucher autant de coureurs ou pas. Je pense que même eux ne savent pas ce qu’ils vont faire. Vont-ils conserver des effectifs avec trente coureurs. C’est le flou le plus total. J’espère que la situation va se dénouer rapidement, car les choses en ce moment ne sont pas simples à gérer pour tout le monde dans notre sport.
12:30 Publié dans Route | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.04.2008
TARAMAE SÉLECTIONNÉ POUR LES JEUX
Huitième du Circuit de la Sarthe, le jeune Estonien de Cofidis, Rein Taramae, disputera cet été les Jeux Olympiques pour le compte de son pays.
Rein, que vous inspire votre sélection aux Jeux ?
C’est super. Ce seront mes tout premiers Jeux Olympiques avec l’équipe d’Estonie. Je suis super heureux, car je vais vivre une expérience unique à seulement vingt et un ans. Mais cette épreuve est très longue, elle développe 260 kilomètres, je sais que ce sera dur, à cause du climat qu’il fait en Chine, mais aussi de par la nature du circuit proposé, qui est extrêmement difficile visiblement. Cela constituera pour moi néanmoins une belle expérience. Je vais aller là-bas pour aider un autre Estonien, René Mandri. Je vais me mettre à son service, car il a beaucoup plus d’expérience que moi chez les pros et sur les courses d’une distance aussi longue. Mon but est donc d’arriver en forme sur cette compétition, afin de pouvoir aider René au mieux.
Allez-vous courir aussi le chrono en Chine ?
Non, je ne vais faire que la course en ligne. C’est pour cette épreuve que j’ai été sélectionné. J’aurais aimé courir le chrono, c’est même la course que j’aurais préféré faire en fait, car c’est dans ce type de courses que j’ai le plus de dispositions, mais ce n’est pas possible. Mon pays, l’Estonie, a essayé de demander une wild-card pour moi à l’UCI, mais cette dernière ne nous l’a pas accordée.
Sur le chrono, justement, pour vos débuts pros, vous avez bien marché, non ?
Oui, c’est vrai. Je me classe cinquième du chrono à Santarem au Portugal, place qui m’a permis de faire onzième au classement général de cette épreuve. Après, je suis allé disputer une autre épreuve au Portugal, mais avec les Espoirs cette fois-ci. Je portais les couleurs du Centre Mondial du Cyclisme de l’UCI pour l’occasion. J’y ai gagné deux étapes, au cours d’une épreuve qui comptait pour la première manche de la Coupe des Nations Espoirs 2008. C’était bien de renouer avec la victoire comme cela. Le souci après c’est que je suis tombé malade avant la Sarthe. Je n’ai pas pu rouler comme je l’aurais voulu, je n’avais pas de super sensations sur cette épreuve, mais malgré tout je fais un bon chrono, ce qui me permet au final de faire huitième au classement général de cette épreuve.
Quels vont être vos prochains rendez-vous, Rein ?
Je vais aller prochainement sur le Tour de Romandie et mon objectif est de bien marcher sur cette course de niveau pro-Tour. Qu’est-ce que cela veut dire bien marcher, ce serait là encore de faire un bon chrono, et pourquoi pas dans la foulée une bonne place au général. Je suis néo-pro, mais comme tous les coureurs, j’espère gagner une course cette année aussi. Je sais que cela ne sera pas facile, alors si je pouvais y arriver, il est clair que ce serait un énorme plaisir pour moi.
15:55 Publié dans Néo-pro | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24.04.2008
HUGUET EN PROGRESSION CONSTANTE
Leader du classement jeune de la Coupe de France, Yann Huguet va disputer avec Cofidis le premier Grand Tour de sa carrière, le Tour d’Italie.
Que représente pour vous cette première place au classement général provisoire de la Coupe de France des jeunes ?
J’en suis toujours le leader ! Je ne m’y attendais pas du tout, je suis surpris car je ne cours pas trop derrière cet objectif. Mon but était plutôt de remporter une course avant le Giro. J’avais fait de belles manches de Coupe de France l’an passé à Adélie et au Finistère, et je voulais de nouveau bien figurer sur ces épreuves. Mais j’ai eu un peu moins de réussite qu’en 2007. Il faut dire aussi que les autres coureurs me connaissent désormais et qu’ils me laissent moins de libertés dans le peloton. Concernant le classement de la Coupe de France des jeunes, je ne pensais pas du tout être premier. Est-ce que je vais défendre cette place ? Je ne sais pas, car je ne connais pas encore mon programme du mois d’août.
Avez-vous le sentiment, même si les autres vous laissent moins de champ qu’en 2007, d'avoir progressé, Yann ?
J’ai déjà beaucoup plus couru qu’en 2007. J’ai trente jours de course à mon programme à la mi-avril. Je sens aussi que j’ai progressé en ayant disputé plus de grandes courses que l’an passé. Et qui dit plus de grosses épreuves, dit aussi, forcément, moins de chances de se montrer. Mais aller sur de grosses compétitions, c’est important pour franchir de nouveaux paliers. J’ai d'ailleurs disputé cette année Paris-Nice, le Critérium International, Gand-Wevelgem et le Tour Down Under. J’étais bien sur Paris-Nice, à ce propos, et je me suis pas mal étonné dans les cols. Se retrouver parfois avec les meilleurs cela fait bizarre. On m’avait dit que je pouvais passer les cols, mais j’avais du mal à y croire jusqu’à ce que j’y arrive. Malheureusement, le jour du Tanneron, je tombe avec le maillot jaune. Le lendemain, alors que l’échappée dans laquelle j’étais va au bout, un coureur tombe juste devant moi. J’ai pris cent mètres de retard, et je n’ai jamais pu rentrer. Je me suis vraiment découvert sur Paris-Nice. J’ai vu qu’avec encore du boulot, je pouvais y arriver. Être tout le temps avec les meilleurs en montagne, je ne sais pas encore, mais sur un jour de grâce pourquoi pas ?
Vous êtes en fin de contrat, avez-vous resigné avec Cofidis ?
Je n’ai pas reçu de propositions concrètes de la part de Cofidis. On a parlé avec mes dirigeants de l’éventualité de prolonger cet hiver, mais c’était comme cela, de manière informelle, juste quelques paroles échangées. Je sais en tout cas que l’équipe est contente de moi, et qu’elle souhaite me garder.
Le Giro qui s’annonce dans quelques semaines, vous allez l’aborder comment ?
Je vais sur cette épreuve avant tout pour prendre de l’expérience, apprendre à bien récupérer, gérer trois semaines de course, ce qui sera tout nouveau pour moi. Et si je me sens bien, pourquoi ne pas essayer de me montrer sur une étape ou deux, en allant dans les échappées. J’espère en tout cas que cette première participation à un Grand Tour me fera passer un cap pour la suite de ma carrière.
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23.04.2008
BODO, DEUXIÈME CHANCE
Ancien de la Française des Jeux, Thomas Bodo est repassé chez les pros trois ans après avoir stoppé le vélo. Il estime avoir gagné en maturité, en expérience de vie.
Thomas, pendant combien de temps avez-vous stoppé le cyclisme ?
J’ai arrêté le cyclisme en mai 2003, et j’ai repris en octobre 2006. Cela a fait trois ans et demi sans pratiquer le vélo au total. Je travaillais à Calais, et puis ma femme a été mutée à Reims. Comme je me suis retrouvé sans emploi là-bas, j’ai décidé de reprendre le cyclisme. J’ai recommencé à rouler et ensuite j’ai recommencé la compétition. Mon but était simple, c’était de repasser professionnel. Je ne voulais pas rester chez les amateurs, si je reprenais une carrière c’était avec cette volonté là. J’ai eu la chance de décrocher un contrat chez Appiflo vacances en fin de saison, mais si cela n’avait pas été le cas, j’aurais raccroché.
À quoi correspond cette deuxième carrière professionnelle ?
Lors de mon premier passage, je ne connaissais que cela. Le vélo avait commencé à meubler ma vie depuis l’âge des cadets et l'avait fait jusque chez les pros. Ma vie se résumait à ce sport. Aujourd'hui, c’est différent. J’ai vécu une vraie vie après mon départ de la Française des Jeux. Je suis allé travailler. J’ai vu ce que c’était que de me lever pour aller bosser, j’ai attendu comme tout le monde le week-end pour me reposer, aller manger dans la famille. Aujourd’hui, j’ai encore plus envie d’être sérieux pour pratiquer mon métier de coureur cycliste professionnel. J’ai pris conscience qu’être coureur pro, c’est être un privilégié. Que c’est super de faire du vélo, plus agréable que d’être obligé d’aller bosser tous les jours.
Rêvez-vous encore de progression ?
Oui, j’aurais vingt-huit ans en fin de saison, et mon but, comme tout coureur cycliste pro, est d’être dans une grosse équipe, qui est amenée à prendre part aux grosses épreuves du calendrier. L’idéal serait pour moi de pouvoir intégrer une formation qui évolue en continental pro car ces équipes peuvent disputer des épreuves "Open", des courses pros, mais aussi hors catégories, et être invités sur Paris-Nice, la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de France. Ce serait top comme équipe pour moi !
Quels sont vos objectifs cette année, Thomas ?
Je veux continuer à progresser, mois après après mois. Mon but est d’avoir une évolution constante. Je ne suis pas encore à 100% de mes possibilités. Ce n’est pas en une seule saison que je vais pouvoir retrouver la force que j’avais avant. Je ne peux pas la retrouver c’est logique, comme cela, sur un claquement de doigts, cela réclame beaucoup d’efforts aussi. J’espère m’inscrire dans une belle dynamique afin d’attirer l’attention sur moi, afin de pouvoir continuer à progresser et bien sûr, gagner des courses. J’ai failli le faire en ce début de saison, j’ai parfois frôlé la gagne. Il faut juste que je continue à bosser comme je suis en train de le faire.
Que vous ont dit vos anciens collègues de travail, quand ils vous ont vu revenir chez les pros ?
J’ai vu pas mal d’anciens de la Française des Jeux à Bessèges. Ils m'ont juste demandé comment j'allais. J’ai croisé en fait Nicolas Vogondy, Sandy Casar, Jimmy Casper, et entre nous cela n’a pas été de grandes effusions, c’est juste qu’ils étaient un peu surpris de me retrouver cinq après dans un peloton professionnel, voilà c’est tout.
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22.04.2008
GALLOPIN PROMETTEUR
Double médaillé de bronze aux Championnats du Monde juniors 2006, Tony Gallopin a signé récemment quelques performances encourageantes.
Le début de saison a été difficile pour vous, Tony, non ?
C’est toujours pareil. Le début de saison est difficile pour moi, c'était comme ça en cadets, en juniors et chez les Espoirs. Je m’attendais à ce que ce soit pareil pour mes débuts chez les pros. Et en effet cela a été le cas. J’ai commencé par la Marseillaise, puis Bessèges, avant les Plages Vendéennes, où c’était plus tranquille. Il y a eu ensuite le Haut-Var avec un niveau très élevé. J’ai encore connu des moments de galère à Lillers, Paris-Troyes, et un commencement de forme s'est manifesté lors de Cholet-Pays-de-la-Loire
Ces dernières semaines, vous enchaînez les résultats prometteurs, vous êtes vous "épaté" ?
Épaté, je ne sais pas. Je commence à bien marcher c’est vrai. Cela a débuté au Grand Prix de Rennes. Il ne m’a pas manqué grand chose pour jouer la gagne. J’attaque à deux bornes de l’arrivée et le vainqueur de l’épreuve me contre pour aller gagner. Je reste en carafe derrière lui et quelques autres coureurs, pour finalement terminer seizième au sprint. Je me suis surpris aussi sur la deuxième étape du Circuit de la Sarthe et la dernière, mais là où on peut dire que je me suis "épaté" c’est à Paris-Camembert, où je finis douzième.
Pourquoi avoir été le plus agréablement surpris sur cette épreuve ?
Parce que c’est une belle classique du calendrier français, déjà, mais aussi parce que cette course fait 205 bornes. J’ai réussi à être présent sur une course qui présente un tel kilométrage et c’est rassurant pour moi. La première fois que je parcourais une telle distance, c’était à Cholet. Il y a eu ensuite Rennes, Paris-Camembert. Je ne suis pas trop habitué à de telles distances. C’est assez nouveau pour moi. Chez les amateurs, les espoirs les épreuves les plus longues font au maximum cent quatre-vingt bornes. Je me suis bien habitué, assez vite, mais il faut dire que la façon de courir chez les pros me convient.
Ces bons débuts vous font-ils dire que les premières grandes satisfactions ne sont pas loin ?
Je ne perds pas de vue que je suis chez Auber 93 pour apprendre le métier de coureur cycliste. On possède une équipe compétitive, tout le monde peut gagner une course. J’ai été en passe de remporter une épreuve à Rennes, et c’était peut-être un peu plus tôt que prévu. Après, quand on marche, on essaye de gagner, c’est légitime. Je vais donc continuer à faire la course devant, à aller dans les coups, on verra bien. Je rejoins mercredi l'équipe de France Espoirs afin de disputer le Tour des Régions Italiennes. Je vais sur cette épreuve avec l’intention de faire de bons trucs aussi.
Tony, on dit que cet hiver, vous avez travaillé sur les toits, en qualité de couvreur-zingueur, est-ce vrai ?
Oui. J’ai bossé comme couvreur-zingueur tout l’hiver dernier, mon contrat expirait après cette saison. Après je suis passé pro. Je trouve que c’est intéressant de travailler, et puis mon métier de couvreur-zingueur me plaît, mais aussi me permet de travailler des qualités plus spécifiques que sur le vélo. C’est un bon entraînement hivernal, une bonne manière de garder la condition physique. Je pense d’ailleurs reconduire pourquoi pas l’expérience l’hiver prochain. Je vais voir comment cela se passe, mais retravailler dans ce domaine pendant quelques mois est une hypothèse que je n’exclus pas du tout.
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21.04.2008
PICHOT SONGE AU TOUR
En évidence sur Paris-Roubaix, Alexandre Pichot a réussi deux jours plus tard à se classer cinquième de Paris-Camembert. Un authentique exploit.
Vous n’avez pas eu les jambes lourdes à Paris-Camembert, quarante-huit heures après Paris-Roubaix ?
C’est vrai que sur Paris-Camembert, je me suis surpris. J’ai commencé à avoir de bonnes sensations sur le Tour des Flandres, et cela a continué à Paris-Roubaix. Pourtant, j’ai connu des ennuis en fin de course sur l’Enfer du Nord. Je suis tombé sur les genoux. Je n’avais pas de superbes sensations sur Paris-Camembert au début. J’avais les jambes lourdes. Je me suis servi des premiers kilomètres de la course pour remettre en route, et après, cela s’est beaucoup mieux déroulé pour moi. J’ai retrouvé de bonnes sensations. Paris-Roubaix et Paris-Camembert sont deux épreuves au profil totalement différent, mais moi je suis à l’aise sur ces deux types de course. Quand je suis en forme, les difficultés qui se trouvent sur Paris-Camembert ne sont pas handicap pour moi, la preuve. J’étais aussi motivé par cette épreuve, car elle n’arrive pas très loin de chez moi. Je voulais donc y faire quelque chose.
Vous avez plutôt une étiquette de "sprinter", et là vous avez joué la gagne sur une course vallonnée.
Cela a peut-être surpris quelques personnes, car je participe souvent aux sprints massifs quand une course se termine de la sorte. Mais les bosses de Paris-Camembert ressemblent aux Monts en Belgique. C’est quasiment la même chose pour moi, c’est un effort intense, sur des routes très raides mais sur quelques kilomètres seulement, donc dans mes cordes. Moi, j’aime bien les classiques, et j’ai envie de progresser et marcher sur les épreuves d’un jour, car ce sont des types de course que j’apprécie.
Dans un autre ordre d’idées, pensez-vous au Tour de France, cette année, Alexandre ?
C’est vrai que j’y songe. Comme je pense à gagner ma première course chez les pros. Je tourne autour depuis pas mal de temps. Je termine sixième du Tour du Qatar en début de saison, cinquième à Paris-Camembert. J’ai envie maintenant de remporter une épreuve, c’est en tout cas mon but cette saison. J’espère que ce sera pour bientôt. J’ai disputé le Tro Bro Léon, et ensuite je me suis octroyé trois quatre jours de repos. Ma reprise se fera au Trophée des Grimpeurs avant d'aller aux 4 jours de Dunkerque. Pour la deuxième partie de la saison, c’est sûr que je pense au Tour de France, comme je vous l’ai dit. La solution pour y être, c’est de continuer à bien marcher !
Vous qui aimez les classiques, parlez nous un peu du "mythe" de la trouée de Wallers-Arenberg ?
C’est effectivement un endroit mythique qui engendre beaucoup de stress chez les coureurs. On aborde ce secteur pavé au sprint, ou presque. C’est dingue comme cela visse avant d’arriver là-bas. Il y a vraiment une grosse bagarre dans le peloton, il faut être placé avant d’aborder ce secteur, car c’est un endroit dur et tout le monde sait qu’ici la course peut basculer dans un sens comme dans l’autre. Il faut aborder cet endroit en vingtième position dans le peloton, pas plus loin. Il faut se placer là, mais aussi et surtout réussir ensuite à accrocher le bon coup. C’est un secteur ou les pavés ne sont pas à la même hauteur, cela saute beaucoup. C’est aussi en faux-plat montant, c’est vraiment spécial. Les roues claquent sur ce secteur. C’est pour moi le plus dur de Paris-Roubaix.
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18.04.2008
GAUTIER, RETOUR AUX GRIMPEURS
Blessé sur le Tour Med, le prometteur coureur de Bretagne-Armor Lux Cyril Gautier effectuera son retour à la compétition à Argenteuil, à l'occasion du Trophée des grimpeurs.
Cyril, quand avez-vous recommencé à rouler ?
J’ai recommencé à rouler sur la route voici trois semaines, mais je suis tombé malade de suite à cause des mauvaises conditions climatiques en ce début de mois d’avril. J’ai fait trois jours sous la flotte sur six, et j’ai attrapé une rhinite. La tuile, quoi. J’étais néanmoins content de pouvoir aller sur la route, ce fut pour moi un grand soulagement, un moment de joie assez fort, car cela faisait quatre semaines que j’étais enfermé à la maison. Je ne tenais plus !
Quand allez-vous revenir en course ?
Je reprends le 4 mai pour le Trophée des Grimpeurs. Je vais être tout "neuf" lors de cette reprise, mais surtout je veux recommencer tout doucement. Je pense ensuite enchaîner avec le Tour de la Manche, le Tour de Picardie et le Tour de Lorraine. Je ne sais pas si entre cela, j’aurais des sélections en Équipe de France Espoirs, je n’ai pas encore eu Bernard Bourreau, l’entraîneur national des moins de 23 ans, pour parler de cela avec lui.
Vous vous êtes vraiment révélé en tout cas sur le Tour Med, cette année, non ?
J’étais bien déjà à la Marseillaise, mais j’ai loupé la bonne échappée. J’étais pas mal déçu à l’arrivée, mais ce n’était que la première course de la saison ! Après il y a le Tour Med, je me classe neuvième au sprint de la première étape, quatrième toujours lors d’une arrivée massive sur la deuxième, et lors de la troisième malheureusement je chute dans l’Espigoulier. Je suis satisfait de mon début de saison, ce qui me chagrine c’est que j’aurais pu encore davantage progresser et continuer à prouver de plus belles choses dans les semaines qui ont suivi cette course, mais c’est comme cela. J'ai hâte en tous les cas de revenir au niveau qui était le mien sur le Tour Med. Mon but maintenant est de gagner une course, faire de belles places d’honneur, prouver que je peux faire de belles choses malgré cet accident qui m’est arrivé en ce début de saison.
Pendant ces quatre semaines, vous êtes vous arrêté totalement ?
Non, j’ai fait beaucoup de home-trainer. J’ai entretenu la condition. Je pense avoir perdu beaucoup en force car c’est ce que l’on perd le plus vite quand on ne peut pas aller rouler sur la route.
Vous êtes vous surpris dans ce rôle de sprinter sur le Tour Med ?
Non. Je me suis toujours débrouillé au sprint. J’arrive à faire des places dans ce domaine. Je suis aussi un puncheur dans les bosses, disons que je suis bon partout, sans exceller dans un domaine précis.
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17.04.2008
DUMOULIN, CAPITAL CONFIANCE
En renouant avec la victoire sur le circuit de la Sarthe, quasiment deux ans après son dernier succès, Samuel Dumoulin a offert un nouveau succès à Cofidis et s’est doté d’un fort capital confiance.
Sam, cette victoire à la Sarthe arrive-t-elle à point ?
Oui. C’est évident. C’est une belle victoire, mais je ne suis pas champion du Monde non plus. Je remporte une demi-étape sur la Sarthe, mais il est évident qu’il s’agit pour moi d’un bel encouragement pour la suite de la saison. Une récompense aussi pour l’équipe qui a su être patiente avec moi, qui ne m’a pas mis la pression ces dernières semaines. Je les en remercie, et la plus belle manière de le faire était de leur offrir cette victoire qui m’encourage, me fait du bien, me redonne confiance et aussi confirme, si besoin était, mes qualités. Je vais désormais me concentrer sur ce genre d’initiatives, saisir les opportunités qui peuvent se présenter à moi comme ce fut le cas lors de cette épreuve.
Gagner très vite quand on arrive dans une nouvelle équipe, c’est bien, non ?
C’est sûr. C’est toujours bien pour l’équipe qui vous a engagé. En remportant une course assez rapidement, vous montrez à vos nouveaux dirigeants qu’ils ne sont pas "trompés" dans leur choix. Et pour le coureur c’est bien aussi car ça lui permet de s’installer un peu plus au sein de sa nouvelle formation, de "trouver" sa place, même si je me suis tout de suite senti dans cette équipe. J’ai fait d’ailleurs pas mal de places avant d’obtenir cette première victoire, et ce premier bouquet désormais en poche met en quelque sorte les choses dans l’ordre. C’est vraiment bien pour moi et pour l’équipe qui, je tiens à le souligner, après Paris-Nice ne m’a mis vraiment aucune pression sur les épaules. C’est quelque chose d’appréciable.
Allez-vous disputer les classiques Ardennaises, ou axer votre champ d’action sur les épreuves du calendrier français ?
Je ne sais pas encore trop, j’aimerais bien disputer les Coupe de France du mois d’avril, essayer d’être attaquant, offensif sur ces épreuves. Si je suis dans un bon jour sur ces épreuves, je ne me gênerais pas en tous les cas. Maintenant, on verra bien si je les dispute, ou si je vais sur les Ardennaises.
Paris-Nice est-elle la course qui vous a laissée le plus de déception depuis le début de saison ?
Je voulais bien faire sur cette épreuve, j’ai donné mon maximum, mais malheureusement pour moi cela n’a pas voulu rigoler. C’est comme cela. J’ai fait un bon entraînement avant cette épreuve, avec en plus un programme adapté pour aborder cette compétition avec le Tour Med et le Tour de Valence, mais les conditions météos m’ont été, comme à beaucoup, néfastes. Cela n’a pas marché pour moi, tant pis. Ce n’était pas pour cela en tout cas qu’il fallait tout remettre en questions après Paris-Nice. Je ne pouvais pas perdre sur une course toutes mes qualités. Paris-Nice aura été "l’erreur de parcours" de mon début de saison. Je ne me suis pas focalisé là-dessus, j’ai continué à bosser et c’est tout.
Pensez-vous que ce succès dans la Sarthe va vous ouvrir les portes du prochain Tour de France ?
Je suis comme quatorze à quinze coureurs de l’équipe pressenti pour faire le Tour cet été. Il y a certains coursiers de l’équipe Cofidis qui ont déjà leur billet en poche au vu de leur ancienneté, de leur palmarès, chose qui est tout a fait normale. C’est à moi de marcher, d’aller chercher d’autres succès, de faire de places, en somme de montrer à mes nouveaux dirigeants que j’ai ma place sur le Tour au sein de la formation Cofidis. Je connais en tout cas le Tour de France, je l’ai déjà disputé quelques fois, et je sais par expérience que cela ne sert à rien d’aller sur cette course si on n’est pas dans une excellente condition. Moi, je suis confiant. Je travaille dans le but d’aller sur le Tour cet été. Il va commencer à faire chaud, je vais aller de mieux en mieux. Je vais faire mon maximum pour disputer le Tour 2008, après nul doute que le choses se feront toutes seules.
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