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30.05.2008
LöVKVIST, VOIR AUTRE CHOSE
Après quatre saisons à la Française des Jeux, le Suédois Thomas Lövkvist a choisi de rejoindre High-Road, formation cosmopolite au sein de laquelle il a de suite trouvé ses marques.
Pourquoi avoir quitté la FDJ, cet hiver, Thomas ?
J’avais la sensation qu’il me fallait du changement. J’étais dans cette équipe depuis 2003, et il était temps de voir autre chose. Je suis très content de mon choix actuel d’équipe, mais aussi d’avoir porté le maillot de la Française des Jeux pour mes débuts chez les pros. Cela s’est toujours bien passé avec Marc Madiot, mais je voulais essayer autre chose. L’avantage d’High Road c’est que cette équipe a une mentalité "allemande", assez Europe du Nord, et aussi que la première langue parlée est l’Anglais. C’est plus facile pour moi. La langue, plus la mentalité c’est très bien pour moi !
Vous êtes désigné depuis des années comme un coureur du Tour, comment allez-vous aborder cette épreuve ?
Je vais faire un stage la semaine prochaine avec l’équipe High Road, dans les Alpes. On va aller reconnaître les cols inédits du Tour comme la Bonnette, Agnel, mais aussi le Galibier, la Croix de Fer. Les trois étapes des Alpes en fait. Je vais ensuite courir Gippingen, le Tour de Suisse, le championnat national de Suède et le Tour de France. J’aimerais bien faire quelque chose au classement général du Tour, mais le premier bilan sera tiré après le passage dans les Pyrénées. Je pense que Kim Kirchen sera le leader de notre équipe, je vais travailler pour lui. Peut-être aussi pour Michael Rogers. Il était malade en début de saison, mais va mieux depuis. Il a du reste bien marché sur la Catalogne, et peut donc espérer être en bonne forme pour le Tour. Moi, ce que j’attends du Tour, c’est assez difficile à dire. Une place parmi les dix ce serait bien, super même, voire aussi gagner une étape. Mais je ne peux pas lancer cela comme cela des objectifs en l’air, ce seront les jambes qui décideront lors de la course.
Elles semblent bien fonctionner actuellement, non ?
Oui. J’ai fait en début de saison troisième de Tirreno-Adriatico. Je me suis aussi retrouvé échappé dans Milan-San-Remo. Je suis parti dans la Cipressa, mais cela n’a pas marché. Là, je fais neuvième du classement général de la Catalogne, cela va pas mal, en effet !
Allez-vous courir les Jeux ?
Oui, je dois les faire normalement. La course en ligne plus que le chrono. J’ai déjà une expérience des Jeux, avec Athènes en 2004. Et si je vais là-bas, ce sera dans le but de faire au mieux. Je ne vais pas me rendre en Chine pour passer quelques jours de vacances ! Mon but est d’essayer d’y faire un bon résultat. Le chef d’équipe de la Suède est allé sur place, il m’a parlé du circuit. Il m’a dit que ce n’était pas trop difficile. Celui-ci comprend une montée sur une grande route qui n’est pas trop difficile, suivi d’une descente style autoroute sans trop de virages.
Le retrait de T-Mobile vous a-t-il fait peur, miné le moral ?
C’est certain. J’ai eu peur à ce moment-là. C’est un journaliste qui m’a appris le retrait de T-Mobile, et de suite je me suis dit :"et maintenant qu’est-ce qui va se passer ?" Bill Stapleton nous a rapidement rassuré en nous disant que si T-Mobile arrêtait, nous pouvions néanmoins continuer pendant deux saisons. La suite des événements lui a donné raison. On cherche encore un sponsor, mais l’équipe continue sa route. Bill nous a d’ailleurs demandé de rester concentré sur nos entraînements, sur les compétitions et que tout irait bien. Tout c’est passé comme il nous l’avait dit, et en plus les résultats sportifs suivent. C’est génial ! L’équipe, malgré le retrait de son sponsor principal, reste en plus bien organisée, tout se passe super bien. On a vraiment eu de la chance d’avoir un manager de la trempe de Bill Stapleton.
12:20 Publié dans Transferts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29.05.2008
HIVERT A APPRIS
Lauréat de la première étape de la Lorraine, et trois jours durant leader sur cette épreuve, Jonathan Hivert du Crédit Agricole a su tirer des enseignements positifs de cette riche expérience.
Que représente votre première victoire chez les pros, Jonathan ?
Je fais du vélo pour gagner des courses, c’est donc bien d’avoir débloqué le compteur. Je suis satisfait, car ce n’est pas si souvent que l’on peut remporter des victoires chez les pros. L’occasion s’est présentée à moi, je ne l’ai pas loupée. C’est bien. Je suis en revanche déçu par la perte du maillot de leader. Toute l’équipe a super bien bossé pour moi sur cette épreuve. Mais je me suis fait déposséder de ce maillot sur une arrivée assez tortueuse, par un Steve Chainel qui est un véritable casse-cou. C’était un truc de tarés cette arrivée. Steve, qui a réussi à s’imposer, prend des bonifs là-dessus. J’ai cédé mon maillot la sorte. C’est bien pour Steve, je le connais bien. C’est un coureur que j’apprécie, mais je suis dégoûté d’avoir perdu. J’ai roulé le dernier jour pour essayer de renverser la situation. En vain.
Qu’avez-vous appris en Lorraine ?
Cela m’a appris beaucoup de choses. J’ai eu pendant quelques jours toute l’équipe à mon service. J’ai vu que dans une telle situation, il fallait être concentré toute la journée. Faire attention à tout, y compris à participer aux sprints d’arrivée afin de ne pas prendre de petites cassures qui au final peuvent vous faire perdre gros. C’était une très très bonne expérience. J’ai été un peu tendu au départ d’une étape où il y avait deux ou trois cols à passer, mais au fil des kilomètres cela a été. J’étais en règle générale assez cool dans ma tête, pas super stressé. Ce n’était pas le Tour de France, non plus ! On n’a de toute manière pas trop le "droit" de gamberger, car il y a les collègues qui travaillent pour vous. Et un maillot à défendre au maximum...
Ce Tour de Lorraine confirme votre excellente prestation sur les toutes premières courses de l’année ?
J’ai été bien effet sur la Marseillaise et Bessèges, mais après j’ai participé au Tour de Californie, et je suis tombé malade là-bas. J’ai attrapé une sorte de grosse grippe qui m’a terrassé pas mal de temps. Je suis aussi malade actuellement, j’ai de nouveau la grippe. J’ai passé la journée d’hier au lit. J’ai pris un bon coup de froid je ne sais pas où, je suis malade à chaque fois que je suis affûté. C’est un peu ennuyant !
La non-participation de votre équipe au Giro obère-t-elle vos chances pour une participation à la Vuelta ?
Je n’ai jamais couru de Grands Tours et je vais peut-être faire le Tour d’Espagne en début de saison. L’équipe avait posé sa candidature pour le Giro, mais je n’étais pas prévu dans l’équipe de départ pour l’Italie. C’est un grand Tour trop montagneux pour une première. Le parcours de la Vuelta est plus "accessible" pour un début. Je ne sais pas maintenant, vu que tous les plans ont changé, si je serais au départ du Tour d’Espagne cette année. Je l’espère. C’est le moment idéal pour apprendre. Je pense que trois semaines de course ne seront pas des parties de rigolade, mais un coureur de mon âge, 23 ans, doit commencer à disputer ce type de compétitions.
Qu’attendez-vous des prochaines échéances ?
Je voulais confirmer sur les courses de ce week-end, Plumelec et Boucles de l’Aulne, mais ce coup de froid me place dans l’inconnue la plus totale. J’ai été toute la journée au lit, je n’ai pas pu rouler. J’ai eu des courbatures, mal à la tête. Je pense maintenant que c’est compromis pour les épreuves de ce week-end. Il reste les Championnats de France, ce serait bien de marcher en Bourgogne, à Semur-en-Auxois, avant de faire une petite coupure au mois de juillet. Ce serait une bonne manière de boucler la première partie de l’année en montrant que je suis dans l’allure. J’ai envie de refaire quelques bons coups dans les semaines à venir !
18:15 Publié dans Route | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.05.2008
AULAS, PRO ET MILITAIRE
Alexandre Aulas qui a ouvert le palmarès de la formation A-Style en remportant une étape au Tour du Japon, possède la particularité d’être professionnel dans cette équipe continentale mais aussi soldat de métier dans l’armée de terre.
Alexandre, que représente pour vous ce succès sur le Tour du Japon ?
Un soulagement car cela faisait quelques années que je n’avais pas gagné de courses. Deux ans au moins ! Je suis aussi content pour l’équipe A-Style car c’est notre première victoire, et pour moi, à titre personnel, il s’agit de l’un de mes plus beaux succès. Je l’ai obtenu en sortant à quatre bornes de l’arrivée seul. Un coureur de Skil-Shimano me rejoint. On finit à deux, le peloton à nos trousses. J’étais mal au début de cette épreuve, car nous étions arrivé la veille de la course. Il a fallu s’adapter au décalage horaire, et puis, plus les jours passaient mieux cela allait.
C’est comment le Japon, au niveau du pays et aussi des compétitions cyclistes ?
C’est bien. Le Japon est un joli pays, carré. La course aussi est belle. Il y a de tout et pour tous les goûts avec des étapes plates, des étapes vallonnées. On a même fait un contre-la-montre en côte sur le Mont Fuji, cela faisait au total onze kilomètres d’ascension. Moi, par exemple, le jour où je gagne, c’était super dur. Il y avait trois mille mètres de dénivelé. Ce qui est drôle là-bas, c’est que toutes les courses se disputent en circuit. Le vélo est populaire dans ce pays. Il y a pas mal de gens au bord des routes. On a couru cette année la douzième édition du Tour du Japon, cela commence à faire en terme d’expérience. Ils ont aussi des équipes bien structurées qui n’ont rien à envier aux nôtres.
Espérez-vous que cette victoire va vous servir de tremplin ?
Je l’espère un peu, mais ce n’est pas simple de trouver un contrat chez les pros dans une équipe pro continentale ou Pro Tour. C’est pourquoi cette année, je suis pro chez A-Style, mais en parallèle, j’ai assuré mes arrières en m’engageant dans l’armée. Je suis depuis le début du mois de mai incorporé dans le 3e Rava à Canjuers, c’est un corps de l’armée de terre. Il y a avec moi Clara Sanchez et aussi un athlète qui court à pied. Cela se passe très bien, je suis libéré à chaque fois que j’ai une compétition. Et si une autre équipe me propose un contrat dans le futur, je peux toujours me libérer de l’armée en prenant un congé sans soldes. J’ai accepté ce contrat dans l’armée car pour moi c’est plus une sécurité.
Allez-vous courir avec les militaires ?
Oui, je vais faire avec l’équipe de l’armée la Ronde de l’Oise. Je ferais un peu plus tard avec ma formation professionnelle le Tour du Jura, le Tour de l’Ain et bien entendu les Championnats de France au cours desquels je vais essayer de me montrer. Je sais que cela ne sera pas évident, mais si une ouverture se présente à moi, je vais essayer de la saisir. Je suis super bien au sein de la formation A-Style, mais le souci c’est que l’on ne court pas souvent. Il nous arrive de rester des week-ends à la maison, car nous ne sommes pas invités partout. C’est parfois un peu difficile à gérer, mais bon au final, je vis quand même une très bonne expérience.
19:44 Publié dans Néo-pro | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.05.2008
FARRAR, L'AMÉRICAIN DES FLANDRES
Référencé comme l’un des sprinters de l’équipe Slipstream, Tyler Farrar est aussi un cycliste de type "Flandrien".
Pourquoi résider en Belgique, Tyler ?
J’habitais déjà dans ce pays lorsque j’étais amateurs. On venait ici avec l’équipe nationale des USA. J’ai beaucoup d’amis dans les Flandres. La Belgique c’est une grande période de ma vie. C’est ici aussi que se déroulent les courses, les classiques, les plus importantes à mes yeux. Ce sont des compétitions qui me plaisent et dans lesquelles j’aimerais bien réussir. Je peux de fait m’entraîner tous les jours ou presque sur les parcours de ces classiques. J’habite en fait Gand et je parle le flamand. C’est une langue facile à apprendre lorsqu’on parle anglais. Elle s’assimile très vite. C’est un peu comme pour les Français quand ils souhaitent apprendre l’italien, l’espagnol. Habiter la Belgique me permet aussi de rouler aussi beaucoup avec des coureurs de ce pays comme Wijnants, Scheirlinckx ou encore le Hollandais Elijzen qui lui aussi réside dans les parages.
Quelle est la plus belle classique du nord, pour vous ?
Le Tour des Flandres sans la moindre hésitation. Ceux qui gagnent cette épreuve sont des coureurs complets qui peuvent rouler vite sur les pavés, savent bien passer les petites bosses. Il faut aussi savoir manoeuvrer au plus fin sur de petites routes, jouer avec le vent. C’est vraiment un tout, le Tour des Flandres. Une course que j’adore vraiment !
Le Tour s’annonce, pensez-vous pouvoir le disputer avec Slipstream ?
J’espère. Je fais partie des douze coureurs pré-sélectionnés pour cette épreuve. Il reste maintenant à en choisir neuf. J’ai envie de faire le Tour. Je pourrais sur cette épreuve me mettre au service de Julian Dean. Il faut voir comment il roule, comment il sera dans les sprints. S'il est plus fort que moi, je l’aiderais, à gagner une étape, à faire un bon classement pour le maillot vert. Sinon, je jouerais ma carte. Je suis en tout cas très motivé pour le Tour de France. Mon but est aussi d’aider l’équipe à bien faire sur les trois semaines de course.
Comment allez-vous préparer cette épreuve dans les semaines qui vont suivre ?
Je pars courir aux USA. Je retourne dans mon pays dans trois jours, nous attend là-bas un bon programme de course avec la Philadelphia triple crown, la Allen town Commerce Bank Classic et ensuite la Philadelphia International Championnish. Ce sont les épreuves les plus importantes aux USA. J’enchaîne ensuite avec une épreuve au Portugal, le Grand Prix Correios. Course qui m’a réussi l’an passé puisque j’y avais gagné une étape et porté le maillot de leader au classement par points. Il y a aura après la Route du Sud... et peut-être le Tour de France. Je suis en tout cas très motivé pour ces courses du mois de juin, car je sais que ce sont ces épreuves qui peuvent me permettre de marquer des points en vue d’une sélection pour le Tour de France.
Vous avez rejoint Slipstream depuis quelques mois, pouvez-vous nous dire qu’elle est l’athmosphère qui règne dans cette équipe, dont beaucoup de monde parle ?
C’est un peu différent de ce que j’ai connu chez Cofidis. Slipstream est une équipe Américaine, l’anglais est la première langue parlée et c’est plus facile de ce côté là pour moi. C’est aussi une formation très jeune qui dégage une très grande envie de bien faire, d’apprendre. Il y a beaucoup de jeunes professionnels qui composent notre effectif. La motivation est donc grande chez nous y compris lors des petites courses. C’est normal quand on débute dans ce métier, n’importe laquelle des compétitions est une grande course. On ne fait pas de distinction entre les éprreuves, et forcément, cet état d’esprit amène une certaine fraîcheur au groupe.
12:35 Publié dans Route | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.05.2008
DRUJON JOUE PLACÉ
Nouveau venu à la Caisse d’Epargne, Mathieu Drujon s’est déjà signalé par quelques belles places obtenues au sprint, mais il attend plus.
Pensez-vous qu’à la Caisse d’Epargne, vous pouvez imaginer une planification de votre carrière, chose qui est souvent faite à l’égard des jeunes coureurs du groupe ?
Pourquoi pas, je pense que j’ai des choses à faire avec cette équipe. Cela se passe très bien entre eux et moi. J’en suis pour l’instant à la première des deux années de contrat que j’ai signés en leur faveur et je pense qu’il est un peu tôt pour évoquer un plan de carrière. C’est vrai que cette équipe "protège" ses jeunes coureurs. Un jeune comme Rojas l’an passé, je crois, n’a pas disputé de Grand Tour. Il a vingt trois ans. Mathieu Perget, lui, a déjà deux expériences du Giro. Les critères de choix dans cette équipe pour les sélections dans un Grand Tour sont cohérentes. Ce n’est pas fait au hasard. Mais moi, j’ai vingt cinq ans, je peux aller sur un grand Tour. Il n’y a plus trop besoin de me "protéger".
Pensez-vous pouvoir occuper une place de sprinteur au sein de cette équipe ?
C’est vrai que j’ai fait pas mal de places au sprint depuis le début de saison. Il n’y a pas de grands sprinteurs à la Caisse d’Epargne, ce qui fait que j’ai dans certaines épreuves la possibilité de jouer ma carte lors d’arrivées au sprint. C’est bien, cela me permet quelques fois d’apparaître dans les classements des courses. Cela me donne le moral. On s’aide à trois dans l’équipe en cas d’arrivée massive. Cela tourne souvent entre Rojas, Arnaud Coyot et moi. On est les trois à aller les faire. On se débrouille ainsi. Nos équipiers nous aident jusqu’à deux, trois kilomètres de l’arrivée, et après on se débrouille. On arrive à faire des places comme cela. J’en ai fais trois de suite à la Catalogne la semaine passée. Il faut toujours y croire de toute façon, un sprint, une course, parfois, cela peut se jouer sur un coup de dés.
Vous vous êtes en tout cas très bien acclimaté dans cette formation, vous avez vite assimilé le passage d’Auber 93 à une formation Pro Tour ?
Je me sens bien dans cette équipe. Il y a un bel environnement autour de nous. C’est aussi un enrichissement culturel, car je peux apprendre une langue étrangère, l’espagnol en l’occurence. Un apprentissage qui se fait plus rapidement que lorsqu’on est à l’école. C’est vraiment une belle expérience, et puis, cette année en plus, l’équipe a disputé pas mal de courses en France. Ça aussi, c’est quelque chose de très appréciable. Comme le fait que les leaders ou les coureurs qui ont déjà un palmarès au sein de l’équipe n’hésitent pas le cas échéant à se mettre au service des autres, y compris des plus jeunes comme moi. Ce fut le cas encore en Catalogne où Luis Léon Sanchez, lauréat tout de même de deux étapes sur Paris-Nice m’a remonté avant un sprint. C’est quelque chose de fort, et surtout prouve la solidarité qui règne au sein du groupe.
Pensez-vous, Mathieu, avoir surpris votre équipe en quelque occasion au cours des ces derniers mois ?
Je ne sais pas toujours, mais j’ai eu quelques échos de la part d’Yvon Ledanois ou Eusebio Unzue, notamment après le Tour du Haut-Var. C’est une épreuve difficile, avec plus de trois mille mètres de dénivelé. Je l’avais faite deux fois déjà par le passé, mais cette année j’ai pu aider les gars assez longtemps. J’ai roulé pour l’équipe jusqu’à quinze bornes de l’arrivée. Mes dirigeants étaient contents, ils m’ont dit qu’ils ne pensaient pas que je serais capable d’aller aussi loin sur cette épreuve. J’ai fait de bonnes places, notamment quatrième d’une étape du Tour de la Rioja, mais ce n’est pas uniquement sur les courses où j’ai obtenu des places que je garde de bons souvenirs. Il y a d’autres épreuves sur lesquelles j’ai eu de bonnes sensations et qui sont encourageantes pour moi. C’est ainsi que deux jours après avoir fini Paris-Roubaix, j’ai aidé l’équipe sur Paris-Camembert. On était encore content de moi sur cette épreuve. Et cela m’a fait plaisir. Maintenant ce que je veux c’est décrocher une victoire. Il n’y a que cela qui marque.
Où aimeriez-vous toucher à ce premier succès ?
J’ai appris récemment que ma prochaine course serait la Bicicleta Vasca. J’ai fait Dunkerque qui n’était pas initialement prévu à mon programme, idem pour la Catalogne. J’ai appris quelques jours avant l’épreuve ma participation. J’ai néanmoins pu aider l’équipe, faire quelques places en Espagne. Ne pas être prévu au départ de la course et bien y marcher quand on a la dispute c’est une satisfaction. C’est bien de pouvoir répondre présent alors qu’au départ on n’est pas prévu sur la compétition, que l’on ne s’était pas entraîné en fonction de cette épreuve. Répondre présent quand on vous sollicite, cela peut aussi aider.
Sur le sprint, quels domaines pensez-vous devoir améliorer pour convertir ces bonnes places en victoire ?
C’est une histoire de placement. Je suis un sprinteur qui ne va pas au-delà des limites, car le but de la manœuvre n’est pas de tomber, mais de rester sur ses deux roues. Je peux essayer de forcer le passage, mais c’est la chute assurée. J’ai perdu deux fois ma place sur la Catalogne, je suis revenu, mais à chaque fois c’était trop tard. Il faut que je me place mieux dans les deux derniers kilomètres afin de ne pas faire l’effort trop tôt. C’est dans ce domaine qu’il faut que je progresse afin d’avoir dans des conditions idéales à deux, trois cents mètres de la ligne !
17:52 Publié dans Route | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.05.2008
MENGIN, SEULS LES FRANCE...
Christophe Mengin pourrait quitter le peloton professionnel en fin de saison. La seule course qui pourrait modifier la décision du sociétaire de la Française des Jeux : le championnat de France.
Christophe c'est irrévocable, vous arrêtez votre carrière en fin de saison 2008 ?
Il y a de grandes chances que je raccroche. La seule porte que je me laisse ouverte pour revenir sur ma décision, c'est si je suis sacré champion de France fin juin en Bourgogne. Je referais dans ce cas-là une saison de plus. Mais les probabilités pour que je pousse une saison supplémentaire sont minimes. Les France en plus cela fait treize ans que j'essaye de les remporter et cela ne m'a jamais réussi. Je pense néanmoins que le parcours de Saumur en Auxois pourrait bien me convenir. Il y a de surcroît une petite portion pavée. Si la jambe est là, pourquoi pas. L'âge joue dans certaines conditions en ma défaveur, notamment parce que ce sera une course nerveuse. La distance en revanche peut être un avantage. Et puis comme c'est une course d'un jour, tout est possible !
Si les France ne viennent pas vous récompenser, imaginez-vous partir sur une victoire ?
C'est clair que ce serait beau de terminer de la sorte. Mon souhait déjà cette année était de ne pas faire la saison de trop. Ce n'est pas le cas. J'ai été présent sur les classiques. Maintenant mon objectif est de faire un bon championnat de France, un bon Grand Prix de Plouay aussi en fin de saison. Evidemment, j'aimerais partir avec une victoire, mais ce n'est pas facile de gagner. J'ai un beau palmarès, fait de succès assez forts, mais qui n'est pas si énorme que cela au bout du compte. Je sais donc de quoi je parle. Ce qui serait bien c'est de faire comme Tchmil il y a quelques années. Il avait gagné une étape au Tour de Belgique l'après-midi et le soir il décidait de mettre un terme à sa carrière. Il n'était pas reparti le lendemain. C'est quelque chose de beau, de fort. Mais il faut pouvoir le faire !
Avez-vous songé à votre reconversion ?
Je ne sais pas ce que je vais faire. J'ai envie de rester dans le milieu du sport, et le vélo bien évidemment est le domaine que je connais le mieux puisque cela fait plus de vingt ans que j'y suis. Mais je n'ai pas d'idées bien arrêtées. Le milieu du sport est celui qui donne le plus d'émotions, de sensations. J'espère que d'ici quelques mois, une porte va s'ouvrir, mais actuellement je suis dans ma saison, et j'avoue ne pas m'être trop penché sur la question.
Anthony Roux est le coureur qui peut reprendre le flambeau en Lorraine après vous ?
C'est un petit jeune qui va bien. Il apprend vite, possède de bonnes qualités lui permettant d'envisager une belle carrière. Il incarne la relve en Lorraine, on s'entraînait d'ailleurs ensemble cet hiver, mais ce n'est plus le cas depuis quelques temps puisqu'il est parti s'installer dans le Sud.
Qu'est-ce qui restera comme le plus beau de vos succès, Christophe ?
L'étape du Tour. C'était inattendu, je ne pensais pas être capable de gagner une étape sur les routes du Tour de France. Plouay aussi est un moment fort de ma carrière. C'est une course d'un jour, une grande classique, une course en Bretagne, qui attire chaque année énormément de spectateurs.
En parlant de Bretagne, vous allez faire un orphelin l'an prochain, c'est votre pote, Frédéric Guesdon !
Fred veut en effet encore continuer pendant deux ans. Il va donc se retrouver seul en chambre sur certaines épreuves en 2009, devra apprendre à cohabiter avec un autre que moi. Je comprends son souhait de vouloir faire deux ans encore chez les pros, car il marche encore très très bien. Il a fait une bonne campagne de classiques Flandriennes, dont un très bon Paris-Roubaix. Il gagne ensuite dans la foulée le Tro Bro Léon. Et puis, Fred est plus jeune que moi, et il est tout a fait capable de faire encore deux belles saisons. Il a raison de vouloir continuer.18:29 Publié dans Route | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.05.2008
SINNER VEUT FAIRE SES PREUVES
Ennuyé par des soucis de santé en début de saison, Benoît Sinner qui attaque sa troisième saison chez les pros souhaite retrouver un nouveau contrat en fin de saison, et pour cela il doit signer de belles perfomances.
Votre neuvième place au Tro Bro Léon est un signe encourageant, Benoît ?
Je m’étais fixé deux objectifs en début de saison, Paris-Roubaix et le Tro Bro Léon. J’ai disputé en tout début d’année les premières classiques en Belgique auxquelles l’équipe était invitée, puis j’ai connu des soucis de santé. Je chute ensuite au Tour de Normandie ce qui m’a handicapé pendant quelques temps au niveau du dos. Je n’ai donc pas pu préparer ces deux épreuves comme je l’aurais voulu. J’ai néanmoins réussi à faire une belle course sur le Tro Bro Léon. J’étais encore à sept-huit bornes de l’arrivée en passe de gagner. Je me trouvais échappé, mais j’ai pris une fringale, voilà. C’est en tout cas une petite erreur qui me coûte cher...
De telles performances peuvent vous permettre de prolonger votre contrat chez les pros ?
Je suis en fin de contrat actuellement avec Agritubel. Je dois donc faire des résultats afin de prouver que j’ai toujours ma place chez les pros. Faire le boulot d’équipier ne suffit pas, il faut aussi gagner des courses. Maintenant cela fait longtemps que je n’ai pas remporté de compétitions, levés les bras. Je dois donc retrouver la confiance, me prouver à moi même que je suis capable de le faire. Que j’ai l’aptitude à évoluer à ce niveau. Je n’ai pas encore le couteau sous la gorge, mais je sais aussi que le temps défile. J’ai accumulé pas mal d’ennuis de santé en 2007, et puis sur pas de courses je n’ai pas saisi ma chance, je me suis un peu “sacrifié” pour les autres. Mais cela ne suffit pas. J’ai donc cette saison pleins de choses à me prouver à moi-même et aux autres, et surtout je dois faire des résultats. Je sais que je suis capable de faire mieux. J’ai connu une bonne première saison chez les pros, et la deuxième a été plus dure. Je vais désormais saisir les opportunités qui se présenteront à moi, les provoquer. J’avais la jambe pour gagner le Tro Bro, c’est un scénario qui peut se reproduire.
Quels vont être vos terrains de “chasse” à venir pour continuer à faire votre place chez les pros, justement ?
J’ai appris la semaine dernière que je n’étais pas sélectionné avec Agritubel pour participer au Tour de France. Alors il me reste quelques courses à faire à fond avec une petite coupure au mois de juillet. Je suis actuellement au Tour de Lorraine, et je vais enchaîner avec le Tour du Luxembourg. Il y a aussi les Championnats de France, c’est une course qui me plaît. J’apprécie les épreuves en circuit. Je pense d’ici quinze jours-trois semaines aller reconnaître le parcours à Saumur-en-Auxois. Je vais m’en imprégner, afin ensuite de pouvoir en parler à mes coéquipiers. Je pense que c’est une épreuve qui va me plaire, et surtout sur laquelle j’aimerais briller. Je n’ai pas encore de programme établi de manière définitive pour la fin de saison. J’aimerais néanmoins essayer de faire quelque chose sur les manches de Coupe de France, à titre personnel, mais aussi collectif. Aider Jimmy Casper a remporter cette épreuve, car c’est un bon mec, et il a encore de sérieuses chances de victoires pour le classement final. J’ai aussi dans l’idée d’essayer de faire un bon Paris-Tours.
18:39 Publié dans Route | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21.05.2008
CLERC SE SENT EN PROGRESSION
Deuxième de Gand Wevelgem, le Suisse de Bouygues Télecom Aurélien Clerc tient enfin la performance dans une grande course qui peut lui servir de référence.
Aurélien, que représente pour vous cette place de deux sur Gand Wevelgem ?
Je dirais que c’est une étape importante dans ma carrière. C’est en effet la toute première fois que je fais une excellente performance dans une grande épreuve du calendrier, d’autant plus que cette course est une manche du Pro Tour. C’est donc très important pour moi, pour la suite de ma carrière, mais aussi pour mon équipe. Cela donne de la confiance. Cette classique, je me dis qu’à l’avenir elle peut encore me sourire. J’ai aussi gagné une course en début de saison, aux Flandres Occidentales. C’est toujours bien de débuter l’année par un succès. J’aurais espéré avoir plus de victoires que cela, mais c’est ainsi. J’ai en tout cas le sentiment d’avoir progressé en début de saison.
Avec un tel début d’année, vous mettez-vous une participation au prochain Tour de France en tête ?
Pas du tout. Il n’y a pas que le Tour pour moi dans une saison, mais pas mal d’autres épreuves qui comptent aussi. C’est sûr que le Tour, j’aimerais bien le courir, le faire au moins une fois à l’occasion de ma carrière. Mais pour moi une saison ne tourne pas uniquement autour de cette compétition. Je ne suis pas du genre à ne penser seulement qu’à cela. Et puis concernant la sélection pour cette épreuve, ce n’est pas moi qui fait l’équipe, mais les dirigeants sportifs de Bouygues Télecom. Ils ne m’ont pas parlé du Tour, c’est trop tôt de toute façon pour évoquer ce sujet. On verra bien les sélections dans quelques semaines quand elles seront tombées.
Vous arrivez en fin de contrat avec la formation de Jean-René Bernaudeau, aimeriez-vous continuer l’aventure ?
Oui. Mais je n’ai pas encore évoqué ce sujet. Cela fait deux ans que je suis chez Bouygues Télecom, et je me sens bien dans cette équipe. J’aimerais continuer à travailler avec eux, et j’espère qu’une prolongation de contrat interviendra bientôt.
Vous avez dit que vous avez senti une progression cette année, comment s’est elle matérialisée ?
C’est un tout en fait. Si je prends l’exemple de Gand-Wevelgem, j’étais en très bonne condition en arrivant sur cette classique flandrienne. Je n’ai pas trop souffert en passant le Kemmel, j’ai passé une journée assez tranquille, mais quand on est en forme c’est toujours plus facile pour être devant, jouer la gagne, faire de bonnes places. Cette année, comme j’ai su garder une certaine fraîcheur pour le final, j’ai pu me retrouver à jouer les premiers rôles. Je pense que j’ai progressé dans les domaines de la force, de l’endurance, des sprints, des côtes. Je peux faire un bon sprint, autre exemple, après plus de 200 bornes. J’ai désormais envie de briller sur les classiques comme Paris-Tours et Gand-Wevelgem qui sont les plus accessibles pour un coureur comme moi. Mon autre ambition serait aussi de remporter une étape sur une épreuve Pro Tour de plusieurs jours.
Avec qui vous entendez-vous le mieux chez Bouygues ?
Avec tout le monde, mais je partage une bonne amitié avec Rony Martias. Je le connaissais déjà avant de venir dans l’équipe. On s’entendait bien, mais notre relation s’est encore plus renforcée. Rony est un coureur qui vient des îles, il a une mentalité différente de nous, mais ce qui extra chez lui, c’est qu’il est toujours souriant, joyeux, enthousiaste ! Je m’entends très très bien avec lui.
Le championnat de Suisse approche, comment l’aborde-t-on quand on n’est que deux de la même équipe, comme c’est le cas pour vous et Johann Tschopp ?
Je ne connais pas du tout le parcours déjà. Mais ce n’est jamais facile un Championnat de Suisse car il n’y a pas beaucoup de coureurs au départ. C’est spécial aussi, et dans ces conditions, il est bien difficile de tirer des plans avant la compétition. On est souvent 2, 3 par équipes grand maximum, c’est assez difficile. Mais il y a souvent une tactique payante dans ce cas de figure c’est d’être en forme ce jour-là et d’avoir la chance de son côté ! C’est la meilleure des recettes pour s’imposer !
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20.05.2008
ZAMPIERI OUVRE LA PORTE
Alors qu’il annonçait en début de saison que 2008 serait sa dernière année chez les pros, le suisse de Cofidis, Steve Zampieri n’est plus aussi formel.
Steve, ce Giro est une véritable hécatombe pour votre équipe, Cofidis ?
C’est sûr. Je dispute cette année mon septième Giro et c’est de loin le plus compliqué sur un plan logistique. Nous avons de très gros transferts tous les soirs pour rejoindre nos hôtels. Cela complique énormément les choses pour la récupération. Il y a en plus beaucoup d’étapes de montagne et ça aussi ne facilite pas les choses. C’est vrai que pour Cofidis, la malchance est importante depuis le début de la course. On a perdu Nick Nuyens sur chute, maintenant c’est Bingen Fernandez qui à son tour s’est cassé la clavicule. Moi, je suis malade. C’était la journée de repos hier mais je ne suis pas allé rouler. J’ai préféré rester à l’hôtel pour essayer de récupérer, mais si dans les jours qui viennent cela ne va pas mieux, je ne donne pas cher de mes chances de continuer ma route. J’espère en tout les cas aller le plus loin possible
En début de saison, vous avez annoncé que 2008 serait votre dernière saison, cela tient-il toujours ?
Disons que je n’ai pas complètement fermé la porte à une prolongation de ma carrière. J’ai envie de quitter le cyclisme fin 2008, mais d’un autre côté, si je reçois d’ici la fin de saison une proposition intéressante pour une prolongation de carrière, je l’étudierais. Je ne sais pas encore si je vais faire un an de plus ou pas. Cela dépendra des choix qui pourraient s’offrir à moi.
BMC, cela pourrait-être l’une de ces propositions, êtes-vous en contact avec eux ?
(Rires !) Non je ne suis pas en contact avec eux. J’ai de bons rapports d’amitié avec Andy Rihs et Alexandre Moos, mais pour le moment on en est à ce stade là. Point. Je ne sais pas si c’est une équipe avec laquelle je pourrais prolonger ma carrière, en tout cas les USA, une équipe nord-américaine, je connais puisque j’ai débuté chez les pros sur ce continent, avec la formation Mercury. Mais on n’est en pas encore à 2009 ! Actuellement, je me concentre sur ma saison 2008. On verra et évoquera éventuellement mon avenir en temps voulu. Je reste concentré sur cette année, et rien ne dit non plus que je ne recevrai pas une proposition aussi pour prolonger chez Cofidis
Vous allez vous concentrer sur quoi, sur quelles épreuves dans les prochains mois ?
Le Tour de Suisse, déjà. C’est une course bien évidemment qui est très importante pour moi. C’est un peu mon championnat du Monde et le fait de sortir du Giro avant de l’aborder ne peut être qu’un plus pour moi par rapport à beaucoup d’autres coureurs. Je serais une nouvelle fois très motivé pour cette compétition, sans doute plus que beaucoup d’autres coureurs car c’est le Tour national de mon pays. Je ne vais pas dire que je vais gagner cette épreuve non plus. Mais une victoire d’étape et faire quelques numéros sur cette course, ce serait déjà bien. Mon but à la base est au maximum de me faire plaisir. Après, pour la fin de saison, mon programme n’est pas encore totalement fixé. Mais je suis candidat à la Vuelta. On verra bien ce que mes dirigeants me proposeront à ce moment-là.
Pour revenir au Giro, la polémique enfle autour de Contador qui ne prendrait pas de relais aux Italiens dans les étapes de cols, lesquels l’imaginent "bluffer". Pensez-vous, vous en tant qu’acteur de cette course, que c’est exact ?
Sincèrement je ne vois pas Contador très motivé par ce Tour d’Italie, pas franchement concerné par la course pour la victoire. Je vois plus Klöden ou Leipheimer dans ce rôle là chez Astana. Je pense en réalité que quand Contador dit qu’il n’est pas super, il est loin très loin de bluffer.
15:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.05.2008
CLAUDE A SOIF DE VICTOIRES
Après un début de saison qu’il juge correct, le coureur de Bouygues Télecom Mathieu Claude attend avec une impatience non dissimulée des performances sonnantes et trébuchantes.
Quel bilan tirez-vous de votre début de saison, Mathieu ?
On va dire qu’au niveau des sensations c’était assez correct. J’ai fait un bon mois d’avril, agrémenté de quelques hauts et de quelques bas. J’ai commencé l’année au Gabon, où j’avais un niveau correct. Je suis allé ensuite à Kuurne-Bruxelles-Kuurne. Cétait un peu plus dur sur cette épreuve. J’ai fait aussi en début de saison la Malaisie, et cela allait. En début d’année, en fait, j'ai participé à beaucoup de courses au soleil, sur d’autres continents que l’Europe, comme l’Afrique, puisque je me suis rendu également en Côte d’Ivoire, et l’Asie. Et à chaque fois, il a fallu en revenant en France, se réacclimater au temps qu’il faisait chez nous, aux températures inférieures à celles que nous rencontrions sur ces continents. Ce n’était pas toujours évident.
Quel va être la suite de votre programme ?
Je vais aller au Tour de Lorraine. Je suis resté quinze jours sans compétition et j’ai besoin de courir. J’ai coupé après la Romandie. Je suis resté trois jours sans faire de vélo. J’en avais besoin. J’attends maintenant une victoire, des résultats. J’ai de bonnes jambes depuis le début de l’année, mais cela ne se traduit pas malheureusement au niveau des performances. J’ai envie que cela change !
Une victoire, des places vous donnerez confiance ?
On va dire que la confiance est un de mes points forts et un de mes points faibles. J’en manque quand je ne suis pas très bien, mais tout va pour le mieux quand j’ai de bonnes jambes, de bonnes sensations. Je crois toujours que lorsque cela me fait mal, que les jambes sont dures, que je suis tout seul dans ce cas de figure au sein du peloton, alors qu’en fait tout le monde est logé à la même enseigne. Si cela me fait mal à moi, cela fait mal aussi aux autres ! Il faut que j’arrive à mes détacher un peu plus de mes sensations.
Didier Rous, qui est devenu directeur sportif de Bouygues, peut-il vous aider en ce sens ?
Je n’ai pas encore couru sous sa direction. J’ai fait un stage en revanche avec lui, qui a été organisé pendant une période creuse en début de saison. On sait que Didier a du vécu chez les pros, quand il dit quelques chose, on mesure toute l’expérience qu’il y a derrière. Il peut apporter beaucoup à notre équipe. Le discours qu’il tient me plaît beaucoup, je l’adore même. Il n’a cesse de dire : "on va de l’avant, on en doit pas être attentiste". C’est le genre de phrase qui me plaît.
Comme votre équipe ne fait pas le Giro, quelle porte vous reste ouverte pour l’accession cette année à un Grand Tour ?
Il y a plus que deux possibilités, le Tour ou la Vuelta. Je pense que pour un coureur comme moi la Vuelta est plus probable que le Tour, c’est quelque chose de logique. Je suis encore jeune pour le Tour, mais qui sait, si je marche bien au mois de mai... Il faut que je fasse des résultats, car actuellement je ne suis pas très riche dans ce domaine. Et puis même si je ne fais pas la Vuelta en fin de saison, je sais aussi qu’il reste de belles courses en parallèle à disputer comme le Tour d’Allemagne, le Tour de Pologne. Ce sont des épreuves certes d’une semaine, mais d’un très bon niveau aussi. Ce qu’il me faut, ce sont des résultats car j’arrive cette année en fin de contrat. Je sens que je suis utile à l’équipe, mais je dois confirmer, prouver par des places, une victoire surtout que cette année on ne sait pas trop où on va. C’est la grande inconnue concernant le Pro Tour. C’est une situation un peu difficile à vivre, car on ne sait pas ce que cela va donner, ce que vont faire les équipes...
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