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27.06.2008
FOFONOV ENTRE DEUX EAUX
Le Kazakh de l’équipe Crédit Agricole, Dimitry Fofonov, a décidé de ne pas courir le championnat national de son pays pour garder des réserves en vue du Tour de France. Il nous évoque également son avenir incertain au sein de la formation de Roger Legeay, tout en avouant qu'il serait tenté par un retour au bercail, chez Astana.
Pourquoi avoir décidé de ne pas disputer le championnat national du Kazakhstan, Dimitry ?
J’ai enchaîné le Dauphiné-Libéré et la Route du Sud. Aller au championnat national de mon pays aurait engendré une fatigue supplémentaire. Il y a vingt heures de voyage pour se rendre sur cette course. La sélection du Tour sera donnée dimanche soir au Crédit Agricole, et après pour revenir en France cela aurait fait trop long. C’était beaucoup de fatigue accumulée. C’est vraiment trop éloigné pour participer au championnat national de mon pays, même si c’est très près de la capitale Astana. Il faut donc du temps pour récupérer d’un tel déplacement. Y aller m’aurait fait taper dans les réserves. Je vais donc rester tranquille à la maison. J’espère faire le Tour. Ce sont les dirigeants de l’équipe Crédit Agricole qui vont décider. Je leur fais confiance.
Votre victoire sur le Dauphiné est-elle la plus belle de votre carrière ?
On ne peut pas dire cela. Je ne sais pas. Je ne peux pas dire en fait parmi les courses que j’ai gagnées que celle-ci est belle ou qu'elle ne l’est pas. Gagner me fait plaisir, c’est tout. Il n’y a pas une victoire plus belle qu’une autre dans mon palmarès. J’ai envie de remporter des succès d’étapes sur un grand Tour, de gagner des classiques aussi. J’essaye souvent, mais cela ne rigole pas. Alors, quand je gagne, ou qu’un autre coureur de l’équipe enlève une course, cela fait du bien au moral à tout le monde au sein de l’équipe au bout du compte. Les chefs de l’équipe nous avaient félicité la veille de l’arrivée du Dauphiné-Libéré pour notre prestation sur cette épreuve. Le lendemain de leur discours, je gagne la dernière étape de cette compétition. J’ai mis un point final à notre belle semaine sur le Dauphiné. J'en suis fier !
Êtes-vous en fin de contrat, Dimitry ?
Non. J’ai signé un an de plus en 2007 avec Roger Legeay, et il y a un avenant à mon contrat qui stipule que j’ai une option d’une année supplémentaire avec cette formation si elle retrouve un sponsor pour 2009. Je suis serein. Roger Legeay l’est aussi visiblement. Sur le dernier Dauphiné, il nous répétait cette phrase : “Les gars, faites votre boulot, je fais le mien du mieux que je peux”. Je sais qu’il veut garder une grande équipe. On aura peut-être des nouvelles de sa part, et d’un éventuel nouveau sponsor, sur le prochain Tour de France. Attendons donc de voir ce qu'il en est.
Est-ce que vous aimeriez un jour courir en faveur de l’équipe Astana ?
C’est assez délicat comme question pour moi. C’est sur qu’avoir le drapeau de mon pays sur le dos doit être formidable. Mais courir avec uniquement des compatriotes comme on le faisait plus jeune en équipe nationale ne sera plus jamais le cas, puisque Astana aujourd’hui est une équipe professionnelle. Cela pourrait être une super expérience pour moi. Mais d’un autre côté vous savez, je suis aussi un coureur fidèle. J’ai fait cinq ans chez Cofidis, et je suis depuis trois ans au Crédit Agricole. Cela se passe d'ailleurs très bien dans cette équipe. J'en suis content. Parallèlement à ça, c’est vrai aussi que chez Astana, il y a beaucoup de coureurs que je connais depuis longtemps et avec qui j'aimerais courir. Enfin, pour l'instant, je suis bien comme je suis.
Espérez-vous aller aux Jeux après le Tour ?
Je ne sais pas. Il n’y a que deux places pour des coureurs de notre pays aux Jeux de Pékin. Ne pas aller au championnat national du Kazakhstan ne va pas plaider en ma faveur je pense. Mais si je marche bien sur le Tour, que je fais de belles étapes de montagne, tout peut être envisageable.
Quels seront vos objectifs sur le Tour ?
Ils seront les mêmes que d’habitude. C’est clair que nous allons rouler pour Thor Hushovd lors de la première semaine. Ce sera d'ailleurs notre leader unique. Après, j’aurais sans doute carte blanche pour tenter ma chance sur les étapes, comme beaucoup de mes coéquipiers. Je serais libre de passer à l’offensive. Je vais prendre les choses comme elles viendront. Il est clair que je n’ai aucune ambition pour le général, comme l’an passé. Je vais plus viser les étapes de montagne, ou celles de moyenne montagne qui passent dans le Massif Central. Cela peut bouger à ce moment-là je pense, je vais tenter de faire quelque chose. Gagner une étape sur le Tour serait formidable. Cela représenterait une superbe victoire. Le Tour de France est une course mythique. Avoir sur son palmarès professionnel un succès d’étape sur le Tour n'est pas rien. Le Tour est un gros événement, et pour un coureur, c’est l’une des plus belles courses qu’il peut disputer. Je ne suis pas le premier à le dire !
16:15 Publié dans Route | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
bravo !!
Ecrit par : john | 27.06.2008
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