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27.06.2008
FOFONOV ENTRE DEUX EAUX
Le Kazakh de l’équipe Crédit Agricole, Dimitry Fofonov, a décidé de ne pas courir le championnat national de son pays pour garder des réserves en vue du Tour de France. Il nous évoque également son avenir incertain au sein de la formation de Roger Legeay, tout en avouant qu'il serait tenté par un retour au bercail, chez Astana.
Pourquoi avoir décidé de ne pas disputer le championnat national du Kazakhstan, Dimitry ?
J’ai enchaîné le Dauphiné-Libéré et la Route du Sud. Aller au championnat national de mon pays aurait engendré une fatigue supplémentaire. Il y a vingt heures de voyage pour se rendre sur cette course. La sélection du Tour sera donnée dimanche soir au Crédit Agricole, et après pour revenir en France cela aurait fait trop long. C’était beaucoup de fatigue accumulée. C’est vraiment trop éloigné pour participer au championnat national de mon pays, même si c’est très près de la capitale Astana. Il faut donc du temps pour récupérer d’un tel déplacement. Y aller m’aurait fait taper dans les réserves. Je vais donc rester tranquille à la maison. J’espère faire le Tour. Ce sont les dirigeants de l’équipe Crédit Agricole qui vont décider. Je leur fais confiance.
Votre victoire sur le Dauphiné est-elle la plus belle de votre carrière ?
On ne peut pas dire cela. Je ne sais pas. Je ne peux pas dire en fait parmi les courses que j’ai gagnées que celle-ci est belle ou qu'elle ne l’est pas. Gagner me fait plaisir, c’est tout. Il n’y a pas une victoire plus belle qu’une autre dans mon palmarès. J’ai envie de remporter des succès d’étapes sur un grand Tour, de gagner des classiques aussi. J’essaye souvent, mais cela ne rigole pas. Alors, quand je gagne, ou qu’un autre coureur de l’équipe enlève une course, cela fait du bien au moral à tout le monde au sein de l’équipe au bout du compte. Les chefs de l’équipe nous avaient félicité la veille de l’arrivée du Dauphiné-Libéré pour notre prestation sur cette épreuve. Le lendemain de leur discours, je gagne la dernière étape de cette compétition. J’ai mis un point final à notre belle semaine sur le Dauphiné. J'en suis fier !
Êtes-vous en fin de contrat, Dimitry ?
Non. J’ai signé un an de plus en 2007 avec Roger Legeay, et il y a un avenant à mon contrat qui stipule que j’ai une option d’une année supplémentaire avec cette formation si elle retrouve un sponsor pour 2009. Je suis serein. Roger Legeay l’est aussi visiblement. Sur le dernier Dauphiné, il nous répétait cette phrase : “Les gars, faites votre boulot, je fais le mien du mieux que je peux”. Je sais qu’il veut garder une grande équipe. On aura peut-être des nouvelles de sa part, et d’un éventuel nouveau sponsor, sur le prochain Tour de France. Attendons donc de voir ce qu'il en est.
Est-ce que vous aimeriez un jour courir en faveur de l’équipe Astana ?
C’est assez délicat comme question pour moi. C’est sur qu’avoir le drapeau de mon pays sur le dos doit être formidable. Mais courir avec uniquement des compatriotes comme on le faisait plus jeune en équipe nationale ne sera plus jamais le cas, puisque Astana aujourd’hui est une équipe professionnelle. Cela pourrait être une super expérience pour moi. Mais d’un autre côté vous savez, je suis aussi un coureur fidèle. J’ai fait cinq ans chez Cofidis, et je suis depuis trois ans au Crédit Agricole. Cela se passe d'ailleurs très bien dans cette équipe. J'en suis content. Parallèlement à ça, c’est vrai aussi que chez Astana, il y a beaucoup de coureurs que je connais depuis longtemps et avec qui j'aimerais courir. Enfin, pour l'instant, je suis bien comme je suis.
Espérez-vous aller aux Jeux après le Tour ?
Je ne sais pas. Il n’y a que deux places pour des coureurs de notre pays aux Jeux de Pékin. Ne pas aller au championnat national du Kazakhstan ne va pas plaider en ma faveur je pense. Mais si je marche bien sur le Tour, que je fais de belles étapes de montagne, tout peut être envisageable.
Quels seront vos objectifs sur le Tour ?
Ils seront les mêmes que d’habitude. C’est clair que nous allons rouler pour Thor Hushovd lors de la première semaine. Ce sera d'ailleurs notre leader unique. Après, j’aurais sans doute carte blanche pour tenter ma chance sur les étapes, comme beaucoup de mes coéquipiers. Je serais libre de passer à l’offensive. Je vais prendre les choses comme elles viendront. Il est clair que je n’ai aucune ambition pour le général, comme l’an passé. Je vais plus viser les étapes de montagne, ou celles de moyenne montagne qui passent dans le Massif Central. Cela peut bouger à ce moment-là je pense, je vais tenter de faire quelque chose. Gagner une étape sur le Tour serait formidable. Cela représenterait une superbe victoire. Le Tour de France est une course mythique. Avoir sur son palmarès professionnel un succès d’étape sur le Tour n'est pas rien. Le Tour est un gros événement, et pour un coureur, c’est l’une des plus belles courses qu’il peut disputer. Je ne suis pas le premier à le dire !
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26.06.2008
MONNERAIS VEUT Y ALLER
Cyrille Monnerais, encore en balance à la Française des Jeux pour le Tour, espère décrocher son billet pour Brest à l'occasion des championnats de France en Bourgogne ce week-end.
Cyrille, il se dit que vous êtes un grand défenseur de l’écologie ?
C’est vrai que j’ai un projet de maison écologique. Là actuellement, j’ai rénové une maison en pierre. Je ne suis pas un écolo pure souche. Je ne pratique d'ailleurs pas le tout bio et tout écolo à l’extrême, mais je pense qu’il y a malgré tout des choses à faire, un juste milieu à trouver. Je rêve d’une maison toute en bois alimentée en énergie nouvelle et renouvelable pour après ma carrière. C’est quelque chose qui me branche bien, tout comme l’énergie solaire. J’étudie cela à travers des magazines actuellement, avec des maisons qui produisent plus de sources d’énergies qu’elles n’en consomment. Je fais aussi attention à mon environnement quand je roule. Je ne jette pas mes papiers par terre. Je pense que c’est plus une question de respect que d’écologie à ce niveau là.
Question avenir toujours, mais dans le domaine sportif, allez-vous disputer le Tour ?
J’espère. Je suis dans l’expectative comme beaucoup de coureurs de la Française des Jeux. L’équipe se prononcera sur les sélections à l’issue des championnats de France. On est encore quelques uns en bataille pour quelques places. J’aimerais être sur le Tour, car la première étape de Plumélec arrive à vingt kilomètres de mon domicile. C’est dire si c’est important pour moi ! Le Tour est une épreuve sacrée pour un coureur français, et cette année est en plus le must pour les Bretons. Ce n’est pas toutes les années que l’on a la chance de pouvoir prendre le départ du Tour de sa région. Moi, comme beaucoup d’autres, je suis dans ce cas de figure. J’imagine comment cela peut être magique de participer à une telle aventure. Je marche bien en plus depuis l’étape des Monts sur les 4 Jours de Dunkerque. J’étais bien aussi au Tour de Picardie, où j’ai aidé Sébastien Chavanel. J’ai bien bossé également à Plumélec. Maintenant, il me manque une victoire, et j’espère que lorsque la chance se présentera à moi, je ne me louperais pas ...
Est-ce que vous allez vous mettre la pression aux France ?
Non. Je me dis au contraire que je n’ai rien à perdre sur cette course, tout à gagner plutôt. Je ne vais pas me mettre la pression parce qu’il y a un maillot de champion de France décerné au bout de cette épreuve, je vais faire au contraire comme si c’était une course ordinaire. Partir libéré. Je vais y aller pour disputer une compétition. J’ai envie de courir ses championnats de France à l’instinct et peut-être qu’au bout il y aura une bonne nouvelle. Je sais qu’au soir des France au sein de l’équipe, il y aura deux coureurs contents, et trois autres déçus. Mais si on est tous là, dans un mouchoir de poche jusqu’à cette échéance, c’est qu’à priori, on a tous notre place. Et que l’on se tient les uns les autres. Après, il faut accepter les règles de sélection, et faire au mieux sur la dernière course où nos dirigeants veulent nous voir à l’oeuvre.
Qu’allez-vous faire en 2009, Cyrille ?
On est plus ou moins en négociation avec la Française des Jeux. J’ai d’ailleurs appelé Marc Madiot à ce sujet cette semaine, mais je n’ai pas réussir à le joindre. Je sais que l’équipe veut me garder. Je vais discuter avec eux plus en profondeur dans les jours qui vont venir. C’est la grande inconnue au niveau des équipes cette année. Le Crédit Agricole a-t-il retrouvé un repreneur ? Je pense qu’il faut vite resigner un contrat, car si on attend trop, peut-être que dans quelques temps, cela sera plus difficile pour le faire par la suite. C’est une année où il faut certainement jouer la carte de la prudence.
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25.06.2008
MOINARD, PREMIER RÊVE RÉALISÉ
Amaël Moinard va découvrir avec l’équipe Cofidis, durant le mois de juillet, le Tour de France, course qui l’a amenée à pratiquer le cyclisme.
Amaël, à quelques jours du départ du Tour, que représente pour vous une première sélection sur cette épreuve ?
Je sais en effet que je vais courir le Tour pour Cofidis, et je me dis que dans quelques jours maintenant, je vais prendre le départ de la course qui m’a toujours fait rêver. Je vais disputer la compétition cycliste qui m’a amenée plus jeune à pratiquer ce sport. Être au départ du Tour ne constitue pas un aboutissement pour moi mais la découverte d’un ensemble de belles choses, je pense. Je vais partir à la découverte de cette épreuve en ayant pour objectif de me montrer offensif. J’aimerais avoir un rôle d’animateur. Le mieux, ce serait de pouvoir être devant sur de belles étapes. Être au départ de ce Tour de France, c'est quelque part une première page qui s’écrit pour moi.
Le Tour, vous avez commencé à le “toucher du doigt" lors du stage dans les Alpes avec Cofidis, non ?
C’est clair. On a pris des parcours que l’on va emprunter dans un mois sur les routes du Tour de France. Quand on fait une reconnaissance du Tour, c’est que l’on est dans la préparation de cette épreuve déjà. Cela représente quelque chose de fort. Le Tour est vraiment différent des autres compétitions cyclistes, on le sent, on le voit, car avant la course, on repère des étapes. On effectue des stages en montagne. On ne fait cela que pour le Tour, c’est donc la preuve que cette épreuve est à nulle autre pareille pour tout le monde. Quand on prépare le Tour, on se sert aussi d’autres courses pour arriver en bonne condition au mois de juillet. C’est vraiment une épreuve qui ne ressemble à aucune autre du calendrier, même en amont de la compétition à proprement parler.
Est-ce que le Dauphiné, qui vient de se terminer, vous a rassuré ?
Oui quand même. J’ai fait la course devant sur cette épreuve, notamment sur de belles étapes de montagne. J’ai pu faire cela alors que je savais que je n’étais pas encore au top de ma forme. J’en ai remis une couche d’ailleurs à l’entraînement le week-end dernier, en allant reconnaître les deux grandes étapes de montagne dans les Pyrénées. J’ai un peu récupéré après le Dauphiné en faisant de la surcompensation, et ensuite j'ai passé le week-end dernier dans les cols. Je sens maintenant que je suis en super forme. Je sens en fait depuis la Catalogne, et ma reprise de la compétition après ma coupure de printemps, que je ne suis pas trop mal. J’ai fait ensuite dixième à Plumelec. Le Dauphiné a fini par me rassurer, mais aussi a rassuré le staff de l’équipe me concernant. C’est sur cette épreuve que j’ai assuré définitivement ma place pour le Tour.
Vous connaissez désormais les Alpes et les Pyrénées à l’entraînement : quel secteur montagneux vous parait le plus difficile ?
Moi, j’ai vu deux cols qui m’effrayent vraiment sur ce Tour 2008. C’est Hautacam qui arrive après le Tourmalet. Ce ne sera pas simple surtout si le jour de la course il fait chaud. Le col de la Lombarde, en Italie, lui aussi, m’a fortement impressionné. C’est bien corsé là-bas aussi. Je pense que dans les Pyrénées nous aurons un avant-goût de la haute-montagne. Mais que le gros morceau sera en deuxième partie de Tour. On va monter à chaque fois dans les Alpes au-dessus de deux mille cinq cents mètres. N’oublions pas aussi qu’à ce moment-là, nous attaquerons la troisième semaine de course ! Cela va être costaud !
Vous nous avez dit que vous voulez être offensif sur ce Tour, qu'est-ce que cela signifie concrètement ?
Je ne veux pas me fixer d’objectifs. Je souhaite juste pouvoir effectuer une course de mouvement. Attraper des coups sur les belles étapes de moyenne montagne, de haute montagne également. Aller le plus loin possible, et pourquoi pas aussi participer à la bagarre pour la victoire d’étape. J’ai envie de passer pas mal de temps dans ce schéma de course de mouvements. Je pense d’ailleurs que ce sera la politique de l’équipe Cofidis et cela me convient parfaitement.
Avec qui allez-vous faire chambre sur le Tour ?
Je pense que ce sera, comme c’est le cas depuis le début de saison, avec David Moncoutié. Il y a de fortes chances que je sois avec lui. On a le même rythme de vie tous les deux. J’ai aussi besoin pour ma part d’être avec quelqu’un qui ne soit pas stressé après la course. Moi, j’ai besoin d’évacuer après une compétition. Et David est comme moi. C’est parfait pour nous deux. David est aussi un compagnon de chambre idéal car, comme lui, je suis quelqu’un qui a besoin de dormir beaucoup. On s’entend donc parfaitement sur bons nombres de points...
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24.06.2008
ASTARLOZA, LE TOUR EN PRIORITÉ
Le Basque d’Euskatel, Mikel Astarloza, veut jouer une place parmi les cinq premiers sur le Tour cet été. Il revient également sur ses années passées chez AG2R et laisse la porte ouverte à un retour dans l'équipe de Vincent Lavenu prochainement, son contrat avec Euskaltel arrivant à terme en fin d'année.
Quels seront vos objectifs cet été, Mikel ?
Je pars sur le Tour cette année dans le but d’améliorer mon classement général de l’an passé. J’ai pris pas mal de confiance en 2007. Ma performance sur le dernier Dauphiné-Libéré n’a fait en plus que la renforcer. C’est bien pour la confiance. Ma condition va encore s’améliorer. Mon but sera de faire un bon classement général et de gagner une victoire d’étape. Je vise une place parmi les cinq premiers, sachant que l’an passé mon objectif était de terminer parmi les dix premiers. Ce serait une bonne progression à mon sens. Mais avant tout ce que j’aimerais, c’est gagner une étape, car c’est à mes yeux la chose qui est la plus gratifiante.
Où aimeriez-vous remporter cette victoire ? Chez vous dans les Pyrénées ou plutôt dans les Alpes ?
C’est bizarre, mais moi, je suis un coureur qui préfère les Alpes aux Pyrénées. Il y a beaucoup de supporters Basques dans les Pyrénées, il y en aura encore très certainement énormément cet été encore. On va voir du tee-shirt orange partout dans ces cols, pour nous encourager, mais moi ce massif montagneux me convient moins que les Alpes. Les cols dans les Pyrénées sont plus longs, plus durs selon moi, donc plus difficiles aussi. Je préfère le massif alpin, même si c’est difficile à dire pour moi qui suis Espagnol et Basque. Cela peut aussi s’expliquer du fait que j’ai passé pas mal de temps au cours de ma carrière à Chambéry, où j’ai fait plus d’un stage avec AG2R.
Avez-vous effectué des reconnaissances d’étapes ?
Oui. On était en stage avant le Dauphiné dans les Pyrénées. On a monté des cols du Tour. On a profité aussi de la fin du Dauphiné pour rester quelques jours sur place dans les Alpes, dans le but là encore de reconnaître les secteurs alpestres clés du prochain Tour de France. C’est bien de s’imprégner du parcours d’une épreuve quelques semaines avant son déroulement, surtout lorsqu’il s’agit d’une compétition comme le Tour de France. On a un autre stage qui est programmé à San-Sebastien, dans le Pays Basque espagnol. Il aura lieu juste avant notre départ en Bretagne.
Aimeriez-vous retrouver un jour l’équipe de Vincent Lavenu ?
Je suis en fin de contrat avec Euskaltel. Je vais discuter avec mes dirigeants actuels, mais je suis aussi ouvert à toutes autres propositions. La porte n’est pas fermée pour quiconque. Je peux aussi parler avec Vincent Lavenu. Son équipe reste pour moi toujours spéciale. Elle encore dans mon esprit, quand je vois un maillot AG2R en course, cela me fait toujours un petit pincement au cœur. J’ai passé cinq saisons dans cette formation. J’étais content de faire partie de cette équipe. Je garde encore d’ailleurs de très bonnes relations avec le staff technique d’AG2R-la Mondiale.
Quel était votre rôle quand vous étiez chez AG2R ?
J’étais avant tout un équipier. Ce qui était normal car quand j’étais dans cette formation, je n’avais pas encore fait grand chose sur les grandes courses. Je n’avais pas fait un bon classement général sur le Tour de France, par exemple. On m’a donné plus de responsabilités chez Euskatel que chez AG2R, et j’ai su les saisir. Comme cela s’est bien passé pour moi sur le Tour 2007, j’ai commencé dans la foulée à croire en moi. Ma mentalité a un peu changé l’an passé. J’ai pris davantage confiance en mes moyens, en mes possibilités.
Pensez-vous après le Tour aux Jeux Olympiques ?
Je ne sais pas. Je pense qu’il me sera très difficile d’aller aux Jeux Olympiques de Pékin, car l’Espagne ne pourra aligner que cinq coureurs en Chine, comme beaucoup de pays sélectionnés. Il y a déjà chez nous Alejandro Valverde, Alberto Contador, Oscar Freire et Samuel Sanchez qui sont quasiment assurés d’y participer. Il reste donc a priori la cinquième place de libre. Je vais essayer de me l’approprier. Si je marche fort sur le Tour, peut-être que je me donnerais plus de chances d’aller aux Jeux. Mais actuellement, cette sélection est plus un rêve qu’une possibilité ...
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23.06.2008
ENGOULVENT SANS CERTITUDES
Le Sarthois du Crédit Agricole, Jimmy Engoulvent, devra attendre comme bon nombre de ses coéquipiers la fin des Championnats de France pour savoir s'il sera de l’aventure du prochain Tour de France ou non.
Jimmy, les prologues sont des épreuves qui semblent de plus en plus vous réussir, non ?
J’aime bien ce type de course, c’est vrai. Ce genre de chrono court me réussit depuis que je suis passé chez les pros en fait. Je faisais des placettes au début, mais là, je me rapproche de plus en plus de la victoire. Je viens en effet de me classer deux fois deuxième au Tour du Luxembourg et au Delta Tour aux Pays-Bas. On n’a pas l’occasion de courir très souvent des chronos courts comme cela dans une saison, c’est dommage car pour moi, c’est le moyen de faire des résultats. J’ai fait deux fois deux sur des prologues cette année donc, mais j’ai aussi gagné une étape du Tour de Côte d’Ivoire. C’est bien que le cyclisme s’implante sur de nouveaux continents. Les Africains ont fait avec leurs moyens, mais on sent chez eux une vraie volonté d’évolution.
Le Tour, vous y pensez ? Savez-vous si vous allez le disputer cette année ?
Je n’en ai pas la moindre idée. Il faut attendre le soir des championnats de France. C’est à ce moment-là que sont annoncés les coureurs qui vont au Tour, au Crédit Agricole. C’est à ce moment là que l’on sait avec certitude si on dispute le Tour ou pas. Je pense que la sélection sera en plus indécise jusqu’au bout dans l’équipe, car beaucoup de coureurs marchent chez nous. Il y a eu beaucoup de bons résultats enregistrés depuis le début de l’année. Je pense qu’il y a pas mal de coureurs chez nous qui, cette saison, mériteraient de faire le Tour, et qui malheureusement ne le disputeront pas. Ce sera dur pour nos dirigeants de faire leur choix de neuf coureurs. Et moi, de mon côté, bien évidemment, j’espère en être. J’ai de toute manière préparé les France, en faisant des sorties longues sur des routes assez vallonnées notamment.
Avez-vous des signes quant à l’avenir du Crédit Agricole, et par la même occasion pour vous aussi pour l’an prochain ?
C’est un peu flou. On ne sait pas ce que va devenir l’équipe l’an prochain vu que notre sponsor arrête son partenariat. On a tous confiance en Roger Legeay, mais d’un autre côté, c’est l’inconnu en ce qui concerne notre avenir. Je n’ai pas trop de contact ailleurs, je fais confiance à notre manager. Moi, en plus, je suis en fin de contrat. Je n’ai pas d’option pour une saison supplémentaire comme certains. Je suis libre de signer n’importe où, tout va dépendre, en fait, de mes dirigeants s'ils retrouvent ou non un repreneur au Crédit Agricole. J’attends de voir.
Vous qui êtes ami de Thomas Voeckler, dites-nous ce que vous appréciez chez lui ?
Je le connais depuis les rangs juniors. Et je l’apprécie depuis ce moment-là. On se voit souvent sur et en dehors du vélo. Thomas est quelqu’un de franc qui fait une excellente carrière avec ses moyens. Il est simple et a su garder les valeurs qui sont les siennes, malgré la renommée, les succès. C’est un plaisir de le retrouver. C'est un vrai copain comme peut l’être Anthony Charteau ou d’autres. On a fait maintenant chacun notre chemin. Est-ce qu’un jour nous nous retrouverons de nouveau ensemble dans la même équipe ? Je ne sais pas. Si cela se fait, ce sera une coïncidence, car on ne parle pas des choix de l’un ou de l’autre pour telle ou telle équipe. Mais, si on courait de nouveau ensemble à l’avenir, cela me procurerait beaucoup de plaisir de me retrouver avec lui.
Vous avez évoqué les France toute à l’heure, en disant que vous les prépariez. Qu’elles seront vos ambitions en Bourgogne ?
J’attends de voir le parcours. On l’annonce usant avec une bosse pas forcément très raide. Que l’on peut soit disant passer en force. Si c’est le cas, ce sera la première fois depuis que je suis pro qu’il y a un circuit aux Championnats de France comme cela. Si le parcours se révèle être dans mes cordes, j’espère pouvoir y jouer ma carte dessus. Je sais que sur un championnat de France, il ne faut pas se louper, que c’est très tactique. Et surtout, qu’il faut être dans un grand jour. Mais cette année, j’ai le sentiment d’avoir franchi un palier. Je suis plus régulier, et de fait, j’espère que ce sera bon pour moi à Semur-en-Auxois.
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20.06.2008
GENE, RATTRAPER LE TEMPS
Clavicule cassée sur le Qatar, Yohann Gene, de l’équipe Bouygues Télecom, mise désormais sur la fin de saison pour briller.
Yohann, votre début de saison a été plutôt bousculé, non ? Pouvez-vous revenir dessus pour Vélo Magazine ?
C’est vrai que j’ai connu quelques péripéties. Je suis parti de Guadeloupe pour le premier stage de l’équipe avec mon épouse enceinte. Elle est allée à l’hôpital le jour où je suis parti, et j’ai appris à mon arrivée à Paris, qu’elle avait donné naissance à notre premier enfant. Ce n’était pas du tout prévu que notre enfant naisse à ce moment-là. Cela été super difficile pour moi d’apprendre cette nouvelle à des milliers de kilomètres de chez moi. Je devais initialement aller sur le stage et repartir pour l’accouchement de ma femme. Mais les choses ne sont pas passées de la sorte, malheureusement. Il y a eu ensuite le Tour du Qatar. Je m’y suis cassé la clavicule. J’ai du m’arrêter cinq semaines ! Cela va mieux désormais, mais le souci, c’est que l’équipe n’a pas été prise aussi pour le Giro ce qui a fait que des coureurs comme moi n’ont pas pu disputer un Grand Tour. J’espère que cela ira mieux en fin de saison. Je mise sur cela désormais.
Quel duo formez-vous avec Rony Martias, vous, les deux Guadeloupéens du peloton pro ?
Une grande amitié nous unit Rony et moi. On s’encourage mutuellement. On habite en plus juste l’un à côté de l’autre. On roule donc tout le temps ensemble. On se motive. Quand l’un ne va pas, il remonte le moral à l’autre. Et vice-versa. On est vraiment très soudés, presque comme des frères.
Le cyclisme commence à bouger en Afrique avec l’Amissa Bongo et le Tour de Côte d’Ivoire. Rêvez-vous qu’une épreuve professionnelle voit le jour prochainement en Guadeloupe ?
C’est déjà pour moi un rêve que de pouvoir courir chez les pros depuis 2005. Un rêve de gamin qui s’est réalisé même. Le vélo est un sport très populaire dans les Antilles. Les gens là-bas sont à 100% derrière notre sport. Ils sont à bloc derrière nous. Quand nous étions petits, Rony et moi, nous regardions toutes les grandes courses en Europe, et après les retransmissions télés, nous allions rouler en imitant les champions que l’on avait vu des heures durant. On était tour à tour des héros du Tour de France, de Paris-Roubaix. Alors une épreuve pro en Guadeloupe ce serait super. C'est clair qu'on aimerait bien que cela se fasse. Il y a déjà le Tour de Guadeloupe qui est ouvert aux équipes continentales, mais nous avec Bouygues Télecom, comme on est une équipe Pro Tour, on ne peut pas le disputer. C'est dommage.
Qui est le plus connu dans votre île natale, Rony ou vous ?
Je ne sais pas. Je dirais que l’on est autant connu tous les deux, que l’on partage la même côte de popularité au sein de la population que chez les médias. On est souvent invités tous les deux à toutes sortes de réceptions, et quand on doit faire une interview à la radio, celle-ci invite Rony et moi en même temps le plus souvent. Vu ainsi, je ne peux pas dire qui est le plus connu. Si c’est lui, ou si c’est moi. Sincèrement, les deux autant l’un que l’autre, je pense.
Êtes-vous plus un coureur d’épreuves d’un jour ou de Grand Tour, Yohann ?
J’ai déjà couru une fois la Vuelta et deux fois le Giro. La seule fois où j’ai disputé la Vuelta, cela roulait très, très vite sur cette épreuve ! J’aime en fait bien le Giro, car le public est plus chaleureux en Italie qu’en Espagne. Il y a plus de monde au sommet des cols aussi sur le Giro que sur la Vuelta. J’apprécie aussi les classiques. Je les fais d'ailleurs tous les ans. J’ai un rôle de coéquipier dans ces épreuves, je le sais. Celles qui me plaisent le plus sont Gand-Wevelgem, Paris-Roubaix et le Tour des Flandres. Les Flandriennes en somme. Mais j’ai également des ambitions. Elles portent sur un succès d’étape sur une course de plusieurs jours ou sur les manches de la Coupe de France. Je sais que c’est sur ce type de compétitions que je peux avoir le loisir de jouer ma carte personnelle. Que je peux espérer faire quelque chose ! Alors, j’essaye de saisir ma chance.
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19.06.2008
BICHOT BIENTÔT FIXÉ
Inscrit dans la liste de coureurs pré-sélectionnés sur le Tour, le sociétaire d’Agritubel, Freddy Bichot, espère que les jours qui viennent vont faire pencher la balance en sa faveur.
Dans quel état d’esprit vous trouvez vous Freddy, avant l’annonce de la liste des neuf pour le Tour chez Agritubel. Êtes-vous serein ou plutôt inquiet ?
Ni l’un ni l’autre. J’attends. Je prépare les championnats de France sur route, sachant qu’en Bourgogne, je ne disputerai que l’épreuve en ligne. Je ne sais toujours pas la décision que prendront mes dirigeants en ce qui concerne mon éventuelle participation au Tour. En tous cas, je vais courir en fin de semaine les Boucles de la Mayenne. Je sais juste que je suis dans la liste des treize coureurs pré-sélectionnés pour le Tour. Cela s’arrête à ça pour l’instant. Les coureurs qui iront au Tour seront tous connus au soir des France, en Bourgogne. Il y aura neuf heureux, et quatre autres coureurs qui seront déçus au soir de Semur-en-Auxois. Tout ce que je sais, c’est qu’il ne faudra pas être dans cette liste de quatre !
Avec quelle envie aborderiez-vous ce Tour ?
J’ai fait deux échappées l’an passé sur le Tour, pour ma première participation. Je pense que pour faire pencher la balance définitivement de mon côté, il faudrait que je gagne une course. Les Boucles de la Mayenne en fin de semaine pourraient être une bonne opportunité à saisir. Un bon championnat de France aussi. Je suis un coureur du style baroudeur. Je montre le maillot, n’hésite pas à partir dans les échappées. J’étais parti l’an passé sur la première étape du Tour en Grande-Bretagne, et sur la dernière lors de l’arrivée aux Champs-Élysées. C’était deux moments forts du Tour pour moi. J’ai envie de recommencer avec dans l’idée, comme beaucoup, de pouvoir conclure cette fois !
L’an passé, sur le Tour, vous avez été, Freddy, l’un des coureurs français à exprimer clairement votre ras-le-bol du dopage, notamment au départ de la 16e étape à Orthez en effectuant un sit-in ...
Oui, on avait décidé de cette action avec d’autres coureurs français. Il y a en marre de voir des histoires de dopage ternir l’image de notre sport, surtout que cela fait quelques années que ça dure. C’est pour cela que l’on avait tenu à manifester notre ras-le-bol, au départ réel de Valence d’Agen. Notre chance, c’est que le public nous a soutenu dans ce mouvement, il était avec nous. Mais attention aussi, il ne faut pas qu’à la longue il se lasse. C’est difficile de vivre avec ces histoires de dopage à répétitions. Moi, parfois, je m’entraîne avec mon club de Château-Gonthier. Les dirigeants de celui-ci me disent qu’ils ont de plus en plus de peine à recruter des jeunes, cadets ou minimes, que c’est pareil aussi pour les écoles de cyclisme. C’est la preuve que tout part en sucette. Que toutes ces histoires de dopage ne donnent pas envie aux jeunes de pratiquer notre sport. Il faut vite que la tendance s’inverse, car il en va de la survie de notre cyclisme amateur aussi.
Vous venez de faire un stage en montagne avec Agritubel. Quand on est encore incertain pour le Tour, est-ce que l’on “fait la course” à ce moment-là, où on se dit qu’on a d’autres occasions encore pour faire ses preuves aux yeux de ses dirigeants ?
Comme on n’a pas fait le Dauphiné, l’équipe nous a organisé ce stage. C’est dommage que nous n’ayons pas pu le disputer, car sur cette compétition, on aurait pu se confronter aux meilleurs à quelques semaines du départ du Tour en Bretagne. Christophe Moreau, en plus, en était le vainqueur sortant. Par contre, le stage en montagne nous a permis de trouver le coup de pédale dans les cols, de bien travailler. Personne au sein du groupe ne l’a pris comme une course, ou comme une compétition. On était là pour bosser ensemble. Créer un bon état d'esprit, une cohésion au sein de l’équipe. C’est dans ces moments-là que le groupe se soude un peu plus. On a aussi travaillé en montagne en vue d’aider Christophe Moreau sur le prochain Tour de France. C’était le moment idéal pour apprendre à rouler pour lui dans les cols, pour savoir ce qu’il pouvait attendre de nous pendant les trois semaines que va durer le prochain Tour de France. C’était tout sauf une compétition entre nous, c’est certain.
Concernant votre avenir Freddy, savez-vous de quoi il sera fait en 2009 ?
Je suis en fin de contrat. Je sais que l’équipe continue au minimum jusqu’en 2009. J’espère encore faire partie de l’effectif d’Agritubel l’an prochain. Je me sens très bien au sein de cette formation. Maintenant, il plane aussi un grand nombre d’incertitudes pour beaucoup d’équipes Pro Tour qui possèdent de gros effectifs. Quel sera, à elles aussi, leur avenir ? Personne ne le sait. Je pense que la fin de saison ne sera pas facile pour beaucoup de monde. Mais c’est comme cela le cyclisme professionnel, il faut toujours se battre. On doit se battre pour gagner notre place sur le Tour de France, on doit se battre encore pour garder une place au sein du peloton pro. C’est le sport qui veut cela. Il faut se battre tout le temps. Et l’accepter.
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18.06.2008
BELGY, PRIORITÉ À LA ROUTE
Troisième du Tro Bro Léon, Julien Belgy, de la formation Bouygues Télecom, va faire la deuxième partie de la saison route à fond, quitte à reprendre le cylo-cross un peu plus tard.
Que représente, Julien, votre troisième place au Tro Bro Bro Léon, votre première marque d’importance chez les pros ?
J’allais là-bas dans un état d’esprit différent que sur les autres courses. J’étais ultra motivé pour cette course, y compris pour essayer de la gagner. Les autres épreuves, c’est difficile parfois d’y faire quelque chose, mais sur le Tro Bro Léon, je savais que je pouvais espérer une victoire. Il y a eu en plus des conditions climatiques qui m’avantageaient, moi qui suis cyclo-crossman. Je finis troisième. C’est la performance que j’attendais chez les pros. C’est vraiment mon tout premier résultat sur la route, et cela fait du bien.
Une performance qui peut vous donner de l’élan pour la suite ?
J’espère que ce sera un déclic. C’est un peu la concrétisation de mon début de saison. Ce résultat m’a fait plaisir. C’est une première forme d’aboutissement. Le staff de Bouygues Télecom, qui était présent sur cette épreuve, était content pour moi, car je fais des sacrifices pour obtenir des résultats, qui, au final, ne sont pas toujours là. Ils étaient donc heureux et satisfaits que cela ait payé pour moi cette fois-ci.
Comment va s’articuler votre deuxième partie de saison, Julien ?
Je vais couper quinze jours environ après le Tour du Doubs. Là, je cours actuellement le Tour de Suisse, et ensuite il me reste les Championnats de France et cette épreuve en Franche-Comté. Je suis en fin de contrat chez Bouygues Télecom, et j’espère être prolongé. Je n’ai pas encore abordé la question avec mes dirigeants. Je vais donc faire toute la deuxième partie de saison sur la route. Je pense reprendre le cyclo-cross lors de la première manche du Challenge National, au mois d’octobre. Je préfère orienter ma saison comme cela. Mon souhait est de faire une bonne deuxième partie de saison sur la route. J’espère resigner un contrat avec l’équipe. Je n’ai pas trop de nouvelles, même si certaines personnes de l’équipe me disent qu’il n’y a pas de raison pour que je ne resigne pas un nouveau contrat. Il n’empêche qu'on est 29 coureurs chez Bouygues, et cette année, il y en a 21 en fin de contrat. Cela fait beaucoup de monde à faire resigner ! Je reste donc néanmoins prudent.
Si vous allez reprendre les cross plus tard à l'avenir, allez-vous en contre-partie disputer davantage de Coupes du Monde ?
Je pense que j’en ferais en effet un peu plus que l’an passé. La route va m’apporter plus de caisse et de rythme pour pouvoir aborder ces épreuves. J’attaque cette année ma deuxième saison chez les pros, et j’ai vu d’ores et déjà que j’avais plus de puissance que par le passé. Après, il faut que j’utilise tout cela à bon escient pour les cross, tout en veillant à garder de la vélocité, car c’est un atout qui joue beaucoup quand on bascule dans les épreuves hivernales. Je vais donc tenter de me servir au mieux de tous les acquis de la route, tout en conservant les propriétés que doit avoir un bon cyclo-crossman.
En parlant de la discipline, il y a un de vos potes qui réalise une excellente saison sur route chez Auber, c’est Steve Chainel : qu'en pensez-vous ?
C’est vrai. Cela me fait plaisir pour lui, en plus. Il a fait un mois et demi exceptionnel entre la fin avril et le mois de mai. Faire un exploit par-ci par-là c’est bien, mais là cela a été en continu. Il m’avait félicité pour ma troisième place au Tro Bro Léon, et lui a l’époque galérait un peu. Il n’était pas trop bien. Je lui avais dit de ne pas s’en faire, que cela finirait par aller. On a vu que cela a été le cas ! Comme quoi la roue tourne vite dans notre sport. Le vélo, c’est un jour ça va pas, un autre jour ça va super bien. Steve a eu la chance en plus de pouvoir gagner une course professionnelle qui se dispute chez lui dans sa région, le Tour de Lorraine. C’est énorme. J’ai connu cela moi aussi chez les amateurs, et c’était fantastique, alors j’imagine chez les pros. Je savais qu’il ferait un bon routier, et il le prouve. Il est un excellent cyclo-crossman mais pas que cela. Ce n’est pas par hasard qu’il a fait quatrième d’un mondial en 2006, pour sa première année Élite. On s’appelle très très souvent tous les deux. On est vraiment très potes. On est complice dans la vie, mais lors des courses, si l'on se retrouve en face à face pour la gagne, chacun jouera sa carte. Mais il n’empêche qu’on redeviendra des potes aussitôt la ligne franchie.
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17.06.2008
BUFFAZ, LA LIBÉRATION
Mickaël Buffaz a enchaîné après le Giro, avec les Championnats de France de demi-fond, dimanche dernier, course sur piste disputée derrière de grosses motos. Une victoire qu’il a offerte à Cofidis, mais aussi à son stayer, Marc Pachéco.
Comment vous êtes-vous retrouvé au départ des Championnats de France de demi-fond cette année, Mickaël ?
Ce n’était pas du tout prévu en fait. On s’était juste dit avec Samuel Dumoulin que lui ou moi se devait d’aller courir cette épreuve pour Marc Pachéco. Sam ne pouvant pas car il était sur le Dauphiné, c’est moi qui y suis allé. Je ne regrette pas. Cette victoire m’apporte une grande satisfaction, depuis le temps que j’espérais remporter ce titre de champion de France de demi-fond. Je m’y étais essayé à trois reprises déjà, en vain. J’y suis allé cette année sans préparation, et ça a marché ! Je peux dire maintenant que ma mission est accomplie en demi-fond !
Endosser un maillot de champion de France, cela représente quoi ?
Un titre reste un titre ! Certaines personnes vont sans doute faire la fine bouche en disant : “Oui, mais ce n’est que du demi-fond ! Ils n’étaient que neuf en piste !” Moi, je leur réponds : “Tout maillot de champion de France possède une saveur. Entendre la Marseillaise retentir rien que pour soi, c’est un réel moment de bonheur. C’est énorme.” Sur le podium de ce Championnat de France, je me serais cru aux Championnats de France sur route. On ressent une joie immense quand on enfile ce maillot, que ce soit sur la route, sur la piste, en VTT, cyclo-cross ou demi-fond. Être champion de France, c’est toujours fort et peu importe la discipline. Il faut y arriver. Point !
Que vous apporte le demi-fond pour la route ?
On pourrait croire que le demi-fond n’est pas complémentaire de la route. Et bien moi je dis que c’est faux. L’un et l’autre sont très complémentaires. J’ai découvert le demi-fond à l’époque où j’étais chez Delatour, RAGT-Semences, et souvent au mois de mai, comme j’étais encore un jeune coureur, je n’avais pas trop de courses à mon programme. J’ai donc essayer le demi-fond. Je me suis alors entraîné sur la piste de la Tête d’Or à Lyon, pour me préparer, où j'y ai pu faire beaucoup de grosses séances d'intensité de manière ludique. Chose que je recherchais en plus à l’époque. Cela me permettait de m’entraîner fort durant un bon mois. C’est comme cela que j’ai découvert le demi-fond, et ça m’a plu rapidement. Je me suis vite testé lors des Championnats de France. Mais je n’ai jamais connu la réussite, jusqu’à cette année. Toutes ses expériences “malheureuses” démontrent aussi que l’on peut être fort sur la route. Mais par rapport à des spécialistes, parfois, on n’a rien à voir.
Pensez-vous que ce titre va vous servir de déclic pour la route ?
Je ne sais pas. J’ai gagné sur la piste, pas sur la route. Alors, est-ce que ce sera vraiment un déclic, moi je parlerais plus de libération. Cette victoire matérialise quelque chose que j’ai accompli jusqu’au bout. C’est important pour moi, et je ne boude pas mon plaisir. Lever les bras, c’est quelque chose de fort. D’immense. J’y suis parvenu en plus avec au bout un maillot tricolore. Quand on fait du demi-fond, on se bat pour soi, mais aussi pour son entraîneur. J’ai enfin permis à Marc Pachéco, mon entraîneur, de devenir champion de France avec moi. Ce titre est pour moi, pour mon équipe Cofidis, mais aussi pour lui. C’est une victoire que l’on partage à deux. C’est pour lui aussi que je me sens libéré, car je peux dire, enfin, on a gagné !
La victoire a été en plus indécise, longue à se dessiner ?
Oui, en effet. On a fait une course de folie. J’étais une nouvelle fois dans une situation de perdant à trente tours de la fin. Je me battais pour la deuxième place depuis pas mal de temps en fait. Et puis, j’ai renversé la tendance. Les spécialistes de la discipline m’ont dit à la fin de la compétition que cela faisait très longtemps qu’il n’avait pas assisté à une épreuve aussi indécise que celle-ci ! J’ai eu du mal à acquérir cette victoire, c’est ce qui me rend encore plus content au final. On s’est battu comme des chiffonniers avec David Derepas. La moyenne de la course était de soixante-quatre kilomètres heure ! C’est très rapide. Ce titre, je l’ai eu au terme d’un beau suspense, et très sincèrement, je le savoure à sa juste valeur !
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16.06.2008
LE LAY, IMMERSION AGRITUBEL
Leader de la Coupe de France, David Le Lay participe au stage d’Agritubel dans les Alpes... sous les couleurs de son équipe Bretagne-Armor Lux avec laquelle il est sous contrat jusqu’aux Championnats de France.
David, comment se passe le stage avec Agritubel ? Vous habituez-vous à votre future équipe ?
Ça se passe très bien. Tous les coureurs d’Agritubel se sont montrés accueillants à mon égard. J’écoute les conseils que me donnent, par exemple, Christophe Moreau ou Nicolas Jalabert. Ce sont des coureurs qui ont préparé à plusieurs reprises une épreuve comme le Tour de France. Ils me donnent des conseils sur les cols. On en a grimpé quelques-uns lors de ce stage, mais pour moi, ce qui est le plus important ici, c’est de vivre avec le groupe, car je débarque au sein de cet effectif en milieu de saison. On a pour l’instant reconnu deux cols qui seront au programme du Tour dans quelques semaines. Travailler de la sorte, c’est bien aussi pour le coup de pédale.
Vous avez signé pour combien de temps en définitive chez Agritubel ?
Mon contrat court sur une durée de six mois. Je serai coureur au sein de cette équipe du 1er juillet au 31 décembre, après cela va dépendre de l’évolution ou non de la structure Bretagne-Armor Lux. Si cette équipe reste en continentale ou pas. Il y a un projet sportif en Bretagne, mais pour que celui-ci se réalise, il faudra un budget en conséquence. Il faudra voir aussi les courses que nous serons susceptibles de disputer, si on franchit le pas en continentale pro. Mais je n’ai pas encore trop réfléchi à l’an prochain. Le principal pour le moment dans mon esprit, c’est de faire un bon Tour de France et une belle fin de saison. Je verrai la suite plus tard. Concrètement actuellement, je n’ai pas encore l’esprit à 2009. Je suis à fond dans la saison présente, avec l’envie de bien faire sur les Coupes de France de la deuxième partie de saison et pourquoi aller au Mondial de Varese si je marche toujours à la fin de l’été.
Vous dites que vous serez chez Agritubel le 1er juillet, mais si aux championnats de France, vous qui porterez pour la dernière fois cette année les couleurs de Bretagne-Armor Lux, vous êtes échappé avec un Agritubel, qu’allez-vous faire ?
C’est vrai que je vais courir jusqu’aux Championnats de France avec le maillot de Bretagne-Armor Lux. Et si je suis échappé avec un Agritubel ce jour-là, il n’y aura aucune ambiguïté : je vais tout tenter pour essayer de décrocher le titre. Mon adversaire fera de même. C’est la même chose si vous êtes échappé avec un coéquipier, le but reste avant tout de gagner. Je ne ferais pas de cadeaux au coureur d’Agritubel, et lui ne m’en fera pas non plus. Je ne me poserai aucune question. Gagner les France, c’est une chance qui se présente pas souvent dans une carrière. Si j’ai la possibilité de remporter cette course, je me donnerais à fond, sans la moindre hésitation.
Vous avez dit toute à l’heure que vous voudriez faire un bon Tour, vous êtes donc sûr que vous allez disputer cette épreuve ?
L’une des conditions de ma venue chez Agritubel était que je dispute cette course. J’ai un souci de fessier depuis deux jours, je vais voir si cela passe, mais logiquement, je vais disputer le Tour, oui. Mais attention, je ne suis pas non plus à l’abri d’une méforme, de la maladie, ou d’une chute. Si je suis fatigué à l’approche du Tour, comme tout coureur, je saurais prendre mes responsabilités et le dire. Si on n’est pas au top de sa forme, mieux vaut ne pas prendre le départ de cette course, c’est une évidence. Je ne veux pas quitter le Tour au bout de quatre jours, ou une semaine sous prétexte que je suis fatigué. Non. Je veux aller sur le Tour pour y tenir un rôle auprès de Christophe Moreau ou d’autres coureurs au sein d’Agritubel qui peuvent postuler pour un bon classement général.
Et à titre individuel, vous partez dans quel état d’esprit ?
Essayer de faire un coup sur une étape, ce serait bien. C’est l’envie de tous les compétiteurs qui sont engagés sur cette épreuve. Je veux aussi être capable de faire le boulot que l’on me réclamera. Je ne serai pas sur le Tour pour me promener. Certes, je vais découvrir, mais j’ai à cœur de faire le boulot que l’on me demandera d’effectuer. Ce sera ma première participation au Tour de France. Une première expérience, je m’en doute, ce n’est jamais évident. Je vais donc devoir apprendre à gérer mes efforts. C’est pour cela que les conseils des anciens comme Christophe Moreau, Nicolas Jalabert et bien d’autres me sont précieux. Ils me disent comment faire, et moi je suis totalement à leur écoute.
Y-at-il des différences entre Bretagne-Armor Lux et Agritubel ?
L’esprit qui règne au sein des deux équipes est le même. Agritubel est une formation plus structurée. Je le vois sur ce stage : on a des kinés, un ostéopathe, plus de véhicules aussi. Mais en ce qui concerne l’ambiance, les deux équipes se rapprochent, et franchement chez Agritubel, je ne suis pas “perdu”.
La Coupe de France est-ce devenu un objectif désormais ?
Ce n’était pas un objectif début mai, puis j’ai remporté une manche, puis une deuxième avec les Grimpeurs. Je préférerais gagner maintenant une troisième manche de la Coupe de France, car à mes yeux, le classement général est encore aléatoire. Ce sera difficile à mon sens de pouvoir contrôler les sprinters lors de la Châteauroux Classic ou du Grand Prix d’Isbergues. Une victoire dans une troisième épreuve me donnerait sans doute un peu plus “d’air”. Après, peut-être que le classement général arrivera plus facilement. Je pense que la Polynormande, le Tour de Vendée ou Paris-Bourges sont des courses qui sont plus dans mes possibilités. Je ferai de toute manière, après la Polynormande qui est une épreuve difficile, dans mon registre. Et si sur les deux dernières courses de la saison je suis toujours en tête, il sera toujours temps de calquer ma course sur mon dauphin. Mais aujourd’hui, c’est beaucoup trop tôt pour extrapoler un tel scénario !
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