11.02.2007

DIDIER ROUS : "IL FAUT QUITTER LE PRO TOUR"

Didier Rous a entamé en Malaisie sa quatorzième et dernière saison de professionalisme. Le double champion de France avoue l'envie de vivre autrement. De se consacrer pleinement à sa famille, à ses amis sans pour autant tourner le dos à sa passion.

Didier, cette décision d'arrêter, vous l'avez prise brutalement ?

Non, cela a fait son chemin au fil des mois. Je vais à l'entraînement avec moins d'envie qu'il y a cinq ou six ans, certains sacrifices me pèsent... Il faut donc arrêter. Je ne peux pas dire, vis-à-vis de mon sponsor que je vais arrêter avant même la fin de la saison, mais je sais aussi que je ne ferai pas le Tour de France. Laurent Brochard et moi ne sommes pas dans la liste de coureurs retenus pour être au départ de Londres.

Jean-René Bernaudeau veut faire de vous son directeur sportif chez Bouygues Télécom ?

Oui, mais il faut que je passe mon brevet d'état et ça me gonfle de devoir faire mes preuves pour être directeur sportif. Il va falloir que je monte trois mois à Paris pour le préparer et ça, je ne pense pas que ce soit possible. Cela pourrait être une raison pour laquelle je ne devienne pas directeur sportif en 2008.

Vous semblez presque soulagé d'arrêter bientôt ?

À part les objectifs que je prépare pour 2007 et la vie de l'équipe qui va me manquer, je ne suis pas mécontent d'arrêter en effet. Je n'aime pas le Pro Tour. C'est une course à l'armement avec une vision de l'éthique qui n'est pas la même pour tout le monde. Après toutes les crises, on devrait tous être en harmonie et travailler en faveur du cyclisme. C'est loin d'être le cas et je ne comprends pas que les équipes françaises n'aient pas encore quitté le Pro Tour. Il y a moyen d'exister autrement...

Comment ?

La société ASO se bat et les groupes sportifs français, qui ont surtout besoin du Tour de France pour justifier l'investissement des sponsors dans le cyclisme, doivent aller dans le même sens. L'image du cyclisme est sale. Moi, je me réfère à l'affaire Discovery Channel qui engage Basso, impliqué dans l'affaire Puerto, et doit être viré du groupement économique des équipes du Pro Tour. Sous prétexte qu'il prend une casserole derrière les oreilles (le témoignage de dopage de Johan Museeuw dans un quotidien flamand), le patron des groupes sportifs Patrick Léfévère baisse son pantalon et Discovery conserve sa place. Voilà le Pro Tour ! Les Français ne peuvent plus être des brebis. Il faut quitter ce bazar.

Mais les Français ne seront plus compétitifs ?

Que je sache, on ne l'est pas et on ne le sera pas face à des « Star Trek », des types qu'on ne voit pas pendant un mois, prennent un dossard et nous écrasent sans avoir fait une compétition depuis des semaines. Landis dans le dernier Tour de France, c'est monstrueux mais ça explique tout. Il y a des coureurs qui sont honnêtes, pas seulement en France, et ce sont les tordus qui récoltent les lauriers. Le Pro Tour est fait pour les tordus. Aujourd'hui, j'en suis sûr, le seul moyen de sauver le cyclisme français est de quitter le Pro Tour. Que l'on continue à faire nos courses, à justifier la passion des organisateurs, des bénévoles et de ceux qui aiment le vélo. Rester avec les tricheurs, c'est leur donner raison !

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09.02.2007

KILIAN PATOUR : LE RÊVE AMÉRICAIN

Kilian Patour n'a pas réussi à percer avec le Crédit Agricole et tente de relancer sa carrière au sein d'une nouvelle équipe américaine, le Team Slipstream-Chipotle, dirigée par l'ancien grimpeur Jonathan Vaughters et dont le directeur sportif est Johnny Weltz. Le coureur orléanais ne cache pas son plaisir.


Kilian, comment devient-on coureur d'une formation américaine ?
Par amitié. J'étais laissé sans contrat par le Crédit Agricole. Mon ancien équipier Saul Raisin m'a aidé à entrer en contact avec Jonathan Vaughters et le Canadien François Parisien, que je connais depuis les juniors, m'a convaincu de signer pour cette équipe pro continentale.


Qu'est-ce qui n'a pas marché au Crédit Agricole ?
Je ne me suis pas entendu avec l'entraîneur et j'ai perdu confiance. Dès le début de 2006, je savais que ça n'irait pas.


Pouvez-vous nous en dire plus sur le sponsor de votre nouvelle équipe ?
Slipstream est le nom de l'entité sportive, comme le Vélo Club de Paris pour le Crédit Agricole ou L'Échappée pour La Française des Jeux. Chipotle est une chaîne de restaurants mexicains. L'argent provient d'un mécène qui veut rester anonyme. C'est incroyable, non ?


Comment jugez-vous vos premières semaines avec cette équipe ?
L'ambiance est formidable. Il y a 22 coureurs, de plus expérimentés comme Huub Duyn (Rabobank Espoirs) ou moi et puis les autres qui veulent vraiment réussir comme le sprinteur Brad Huff. Cette équipe soigne les petits détails. Bon, nous n'avons pas encore tout notre équipement, nous n'avons pas les gants, pas tous les maillots, mais c'est le fabricant qui a pris du retard. Ce fabricant, c'est George Hincapie !


À 24 ans, vous débutez une nouvelle carrière ?
Oui, on peut dire ça et nous allons avoir un bon calendrier européen. Après le Tour de Langkawi, je vais disputer la Ruta del Sol en Espagne, la Volta do Santarem au Portugal et puis beaucoup d'épreuves de Coupe de France.

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08.02.2007

CALZATI : "JE SAIS CE QUE JE VEUX"

Le cheveu est court, la ligne un tout petit peu plus enrobée, mais le sourire reste éclatant. Pas de doute, Sylvain Calzati (AG2R Prévoyance) reste dans le mouvement de sa victoire d'étape dans le Tour de France à Lorient. Il débute sa saison en Malaisie et envisage les meilleures choses pour 2007.

Sylvain vous respirez le bonheur !

Je vais bien, en effet. Pour en arriver là, je n'ai rien eu de facile, un début de carrière vraiment compliqué. J'avais fait un stage chez Cofidis en 2002, mais personne n'avait voulu de moi en France et j'ai dû débuter ma carrière en Afrique du Sud chez Barloworld, en 2003. Puis trouver refuge dans la plus modeste équipe en France, Oktos - Saint-Quentin. Puis encore chez Jean Delatour qui n'était pas très riche, mais avec qui j'ai gagné le Tour de l'Avenir. Ensuite, chez AG2R Prévoyance, à partir de 2005, j'ai eu pas mal de problèmes de santé. Tout ça m'a endurci et je pense que cette victoire d'étape dans le Tour de France est un tournant. Un déclic. Je n'oublierai jamais que j'ai dû passer par le Tour d'Égypte pour débuter. Aujourd'hui, je sais où je vais.

Que change-t-elle cette victoire dans votre plan de carrière ?

Cette victoire change mon statut dans l'équipe parce que je suis sûr de faire partie, déjà, de l'ossature du Tour de France. L'an dernier, j'avais profité de la blessure d'un copain, Ludovic Turpin, pour être retenu. Maintenant, je veux prendre une autre dimension même si je ne pense pas être vraiment opérationnel avant le mois de mai, quand il commence à faire beau. Et ce sera après la naissance de ma deuxième fille en avril.

Cela signifie que cette victoire d'étape ne vous comble pas ?

Si, bien sûr ! Une étape du Tour de France, c'est magnifique mais ce n'est pas un aboutissement non plus. Je veux viser le général un jour et je sais que mon travail pour mes deux leaders Cyril Dessel et Christophe Moreau, en juillet prochain, me sera profitable. J'ai beaucoup travaillé pour eux en 2006, mais j'étais toujours parmi les meilleurs en troisième semaine.

En ce début de saison comment vous sentez-vous ?

Mes sensations ne sont pas terribles, mais je dois dire que je n'ai pas beaucoup travaillé durant l'hiver. Volontairement, pour avoir beaucoup de forces durant l'été. Je sais ce que je veux...

16:35 Publié dans Tour du Langkawi | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

07.02.2007

VOECKLER : "GAGNER UNE ÉTAPE D'UN GRAND TOUR"

Thomas Voeckler dispute le Tour de Langkawi pour la troisième fois de sa carrière et semble apprécier la destination. Déjà opérationnel, troisième du classement général avant la deuxième étape de montagne, il dresse pour velomagazine.fr le plan de son année 2007. Deux Grands Tours sont au programme !

Thomas, vous semblez très heureux de débuter la saison ici en Malaisie ?

J'aime bien cette expérience, c'est amusant. Je ne suis quand même pas venu pour faire du tourisme, mais pour peaufiner mon travail hivernal. Dix jours d'une course nerveuse et plutôt longue (1 300 km au total) vont me faire du bien avant de passer aux choses sérieuses. Je suis troisième du classement général après la première étape de montagne, ça va, je suis dans les temps !

Quelles seront les grandes lignes de votre saison ?

En 2005, j'ai voulu faire des classiques et des courses par étapes pour mieux me connaître. En 2006, j'ai ciblé un peu plus les courses par étapes et ma victoire d'étape dans le Tour du Pays Basque, devant Jens Voigt reste un grand moment. Cette année, pour la première fois, je vais doubler Giro et Tour de France. J'ai donc un programme chargé jusqu'à Milan-San Remo et puis après je vais rester deux à trois semaines sans courir. Ensuite, je vais disputer l'Amstel Gold Race et la Flèche Wallonne avant le Tour d'Italie.

Quel souvenir conservez-vous de votre premier Giro en 2001 ?

C'était ma première année professionnelle. Quelle galère ! On nous avait volé nos vélos, les policiers avaient fait des descentes dans tous les hôtels en pleine nuit dans le cadre du Blitz de San Remo et j'avais été le seul de l'équipe à atteindre Milan. À l'avant-dernière place...

Depuis, vous avez joué un premier rôle dans le Tour de France 2004 ?

Pour le public, je suis toujours le maillot jaune du Tour de France 2004. C'est quand même ce que j'ai fait de plus beau dans ma carrière et cela ne m'agace jamais qu'on me le rappelle. Pour les médias, je ne suis plus identifié ainsi et moi je suis passé à autre chose. Gagner une étape, ce serait bien mais je sais aussi que ce ne sera pas simple parce que je ne vais disputer quasiment que des courses du Pro Tour, où le niveau est très élevé.

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06.02.2007

CASAR : "UN SEUL GRAND TOUR"

Sandy Casar n'est jamais aussi heureux que sur son vélo et il le démontre chaque jour dans le Tour de Langkawi, même s'il juge que la course n'y est pas trop passionnante. À 28 ans, quelques mois après une magnifique sixième place dans le Giro, le Francilien s'affirme comme le leader de la Française des Jeux dans les courses par étapes. En 2007, il fera tout en fonction du Tour de France.

Sandy, Vous avez fait un magnifique Giro 2006, mais avez loupé le Tour de France qui a suivi. En avez-vous tiré une leçon pour 2007 ?

Des gens me disent souvent que j'aurais fait un grand Tour de France 2006 si je n'avais pas laissé beaucoup d'énergie dans le Tour d'Italie. Là-bas, j'ai fini sixième et je ne peux pas le regretter. Sixième dans ce Giro très difficile a constitué une bonne performance. Et je n'aurais pas été plus heureux en finissant sixième du Tour de France. Dans le Tour, j'ai certes été fatigué pour finir, mais surtout je n'ai pas digéré ma chute de Valkenburg.

Pensez-vous faire partie aujourd'hui des meilleurs coureurs français dans les Grands Tours ?

Je ne sais pas... J'avais débuté ce Giro pour préparer le Tour de France et puis je me suis retrouvé dans une échappée, sur la route de Domodossola qui m'a replacé au général. Ce jour-là, j'ambitionnais la victoire d'étape mais je me suis pris au jeu. Dans les Dolomites, j'étais avec les meilleurs. Voilà, c'est un grand souvenir, mais je ne ferai pas le Giro cette année.

Ce sera donc tout pour le Tour de France ?

J'ai moins travaillé durant l'hiver et j'ai opté pour le début de saison en Malaisie pour le soleil, les 1 300 kilomètres et pour travailler dur. Je vais encore travailler dur en rentrant chez moi pendant une à deux semaines. Ensuite, mon programme comprend le Tour du Haut Var, deux courses en Suisse, à Chiasso et Lugano, et puis Paris-Nice, mon premier objectif. J'aimerais y jouer la gagne comme en 2002 (deuxième). Et puis après, oui, je vais me focaliser sur le Tour.

Vous semblez plus serein, plus sûr de vous. Cela joue-t-il dans votre relation avec Marc Madiot et Martial Gayant ?

Pour la confection de mon programme, en vue du Tour de France, j'ai donné mon avis. Je ne le faisais pas beaucoup avant. Je ne pense pas disputer les classiques ardennaises pour réussir un bon Tour de Romandie, qui débute au lendemain de Liège-Bastogne-Liège. Puis le Critérium du Dauphiné libéré et le Championnat de France, qui me motive toujours. L'idée est de faire un bon Tour, mais aussi une bonne fin de saison. Pour cela, je dois limiter le nombre de jours de courses parce qu'à partir du centième, je sature. J'aimerais au moins atteindre le mois d'octobre.

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05.02.2007

CHARTEAU : "JE ME SUIS SURPRIS"

Anthony Charteau, vainqueur par le passé d'une étape du Tour de Catalogne en 2005 et de la Polynormande en 2006, a commencé l'année 2007 en s'imposant dans une étape de montagne du Tour de Langkawi. 60 kilomètres en solo, le deuxième, le Colombien Pedraza repoussé à 4 minutes, le peloton à 4 minutes 30 : quel numéro !

Anthony, cette échappée était-elle préméditée ?

L'attaque oui, parce que je voulais me poster en avant pour donner un coup de main à Francesco Bellotti dans le dernier col mais je n'imaginais pas que j'irai au bout. Je me suis retrouvé avec des coureurs asiatiques mais au début du premier col, ils ont paniqué et ont fait n'importe quoi. Je suis donc parti seul.

Pour finir avec une avance que vos adversaires auront du mal à gommer ?

Quatre minutes, c'est vrai que ça fait beaucoup et c'est confortable. D'ailleurs dans la quatrième étape, lundi, je suis resté tranquille et je vais rester tranquille jusqu'au début de l'ascension du col de Genting Highlands vendredi.

Une telle réussite vous surprend-elle ?

Je suis payé pour faire l'équipier, pas pour gagner le Tour de France. Je le suis aussi pour tenter ma chance dès que possible. Ici, je suis loin d'être dans ma forme optimale mais j'avais envie de voir. Je suis un peu surpris des écarts parce que je n'ai jamais été un homme du début de saison. D'habitude je commence à respirer au mois de mai. C'est vraiment une surprise agréable. Maintenant, je vais quand même essayer de gagner cette belle course. En essayant de ne pas attraper la gastro qui a déjà fait des ravages parmi les coureurs européens.

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